Édition du lundi 10 mars 2008
Le Mans offre un plébiscite à Jean-Claude Boulard : 58,90 % !!!
Le maire sortant espérait obtenir « une bonne note » de ses électeurs sur son bilan. Il est réélu au premier tour, sur un score historique au Mans.
Jean-Claude Boulard, « un peu comme un ado », espérait « une bonne note ». Hier, il a obtenu bien plus que ça : 58,90 % des suffrages exprimés dès le premier tour. Un score historique. Même Robert Jarry, le populaire maire du Mans n'avait jamais fait aussi bien.
Réélu avec les félicitations du jury, le maire socialiste du Mans a vécu un début de soirée fébrile. Au premier étage de la mairie, portable à l'oreille, il commence par s'inquiéter des résultats de Saint-Marceau, « une commune de référence » pour lui (son épouse en est le maire). Il est 18 h 15, les premiers résultats du Mans tombent. Première surprise : « 52 % à Germain-Pilon, commente Jean-Claude Boulard au téléphone. Ça se passe plutôt bien. »
Plutôt bien ? Bel euphémisme. Réputé à droite, ce bureau de vote aurait dû préférer Véronique Rivron (UMP). Comme premier indicateur, on peut difficilement faire plus réjouissant. Le candidat Boulard, rouge, tremblant d'émotion, veut garder la tête froide. « Pas de commentaire avant d'avoir tous les résultats ». À 18 h 27, les données « officielles » de deux bureaux apparaissent sur écran interne. Gougeard et Kergomard, deux autres bureaux réputés difficiles pour la gauche. « C'est les plus mauvais et je suis toujours devant ! » Là, ça devient tout bon pour lui. « Bon, ben... Y'aura pas de débat de deuxième tour », sourit-il doucement.
À 18 h 31, six bureaux dépouillés seulement, mais la rumeur a déjà fait trois fois le tour de l'hôtel de ville : l'affaire est pliée. Sympathisants, militants et curieux commencent à monter à l'étage, où un cocktail les attend. Le maire, lui, n'a plus qu'une angoisse : que le nombre de votants soit suffisant pour lui assurer la victoire dès le premier tour.
Passé 19 h, avec plus de la moitié des bureaux dépouillés, victoire totale. On ne tient plus Jean-Claude Boulard. Il monte et descend les étages encombrés de sa mairie, serre des mains, collectionne les félicitations... Jusqu'à 19 h 30. Salle du conseil municipal, il grimpe sur une table « pour la première fois de [sa] vie ». Explique qu'il a le vertige. Exige la présence de Rolande, colistière qui se déplace en fauteuil roulant, avant d'entamer son allocution. Embrasse une petite fille juchée sur les épaules de Patrice Perdereau. Prend un coup de fil en plein discours, de peur qu'il s'agisse « des résultats de Saint-Marceau ». Et finit par donner « les résultats définitifs » au milieu d'un tonnerre d'applaudissements.
« Ce score vaut pour nous obligation de travailler encore, martèle l'heureux élu. Ce n'est pas l'occasion de nous reposer sur nos lauriers, mais un encouragement pour travailler encore plus au service des Mancelles et des Manceaux. Quand on rassemble 59 %, ça veut dire qu'on rassemble au-delà des sensibilités qui sont sur notre propre liste. Il faudra en tenir compte. »
Il est 20 h. Le premier discours du nouveau maire est terminé. La salle du conseil municipal est pleine de « On a gagné ! On a gagné ! » Et Jean-Claude Boulard, un peu en retrait, a redécroché son portable. « Alors... À Saint-Marceau, ça donne quoi ? »
Ouest-France