Édition du lundi 10 mars 2008
Mais ils sont où, les électeurs de droite ?
Quarante-six sièges sur 55 pour la nouvelle majorité municipale, huit pour l'UMP, un seul pour le MoDem, zéro pour les trois listes d'extrême-gauche. Les résultats d'hier sont très, très sévères pour les adversaires du maire sortant. Ce dernier partait incontestablement favori dans cette élection, et la question que se posaient tous les observateurs de la vie politique mancelle était de savoir s'il allait être élu au premier ou au deuxième tour. Mais élu au premier tour avec une telle avance, personne ne s'y attendait.Le bon bilan et les qualités de gestionnaire du maire ne suffisent pas à expliquer pareille victoire. Il faut aussi aller chercher en face.
Premier constat : l'abstention, cette fois-ci, a largement profité à la gauche. Une partie de l'électorat de droite, faute de croire en Véronique Rivron, ne s'est pas déplacée hier.
Deuxième constat : la liste MoDem a sans doute «piqué» plus de client à Véronique Rivron qu'à Jean-Claude Boulard. A l'inverse de ce qui avait été observé l'an dernier, à la faveur du premier tour de la présidentielle.
Troisième constat : la division de l'extrême-gauche a profité au maire. Jean-Claude Boulard le prédisait, c'est ce qui s'est passé. Le paradoxe, c'est que le principal objectif d'Yves Cheere, tête de liste de Lutte Ouvrière (2,25%), était « d'envoyer au moins un représentant des populations laborieuses au conseil municipal ». Si son parti avait su s'entendre avec la liste Radicalement à gauche de Frédéric Madelin (4,69%) et le groupe de Jean-Pierre Dailly (1,74%), il y serait parvenu. Une seule liste «à gauche de la gauche» serait parvenue à faire plus de 5% au premier tour et obtenir au moins un siège. En partant divisés, personne n'est arrivé.
Résultat : Véronique Rivron, qui s'était fixée pour objectif « d'arriver devant Boulard au premier tour » est très, très loin du compte. Une vraie correction. Et son parti, l'UMP, n'a plus que huit sièges au conseil municipal, contre 13 obtenus en 2001. Alain Boucheron faisait parti de ces treize conseillers municipaux de droite. Il ne se représentait pas. Déçu, il avait la dent particulièrement dure, hier soir, vis-à-vis de ses anciens colistiers: « Tout ça nous ramène au score de Dorise, il y a 18 ans. Il avait fait 28 %, lui... Il ne suffit pas de dire que Boulard est un nul et qu'il est hautain pour faire campagne. Avec presque 60 % des voix, il ne doit pas être hautain pour tout le monde. »
Ouest-France