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Le tramway au Mans

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Édition du mercredi 14 mai 2008

« Les gens passent mais ne descendent pas »

Le tram portait dans son sillage les espoirs des commerçants du quartier Minimes-Leclerc-Nationale, usés par des années de travaux. Qu'en est-il ?

« Regardez ça ! Quand il passe devant chez nous, le tram est plein ! Les gens le prennent pour aller d'un endroit à un autre. Ils passent, mais ne descendent pas forcément. » Annaïck Dieumegard soupire. Des dizaines de fois par jour, le passage du tram fait s'agiter les liserés des parasols que son mari a installés sur la terrasse de leur brasserie Chez Laurent, située avenue du Général-Leclerc. Mais la foule tant attendue n'est pas au rendez-vous. « Les piétons ne viennent pas flâner par ici. Les boutiques sont rares, il y a surtout des agences immobilières et des banques. Sans parler du manque de places de parking : on a perdu toute notre clientèle en voiture. »

Le constat est cinglant. Six mois après l'inauguration du tramway et le relooking de l'avenue Leclerc, la plupart des commerçants affirme être bien loin de leur chiffre d'affaires de 2004, celui d'avant les travaux du tramway. « Leurs attentes sont bien souvent déçues, confirme Michel Chaligné, président de l'union des commerçants de la rue des Minimes. La fréquentation augmente certes, mais la clientèle n'est pas forcément dotée d'un fort pouvoir d'achat. » La rue des Minimes, qui établit une passerelle entre deux pôles stratégiques du tramway, la place de la République et l'entrée de la rue Nationale, amorce tout de même une lente renaissance. Les pas-de-porte enregistrent actuellement « une hausse de chiffre d'affaires de 8 à 15 % en moyenne » par rapport à l'année dernière.

La rue Nationale, elle, réfléchit encore à la manière de tirer profit du tramway. « La rue est cernée par le tramway, on essaie de jouer de cette spécificité », assure William Laurent, président de l'association des commerçants de la rue. Pour les pas-de-porte situés du côté de l'avenue Leclerc, tout baigne. « Il y a plus de monde, surtout le samedi, et les gens sont plus détendus », constate Michel Vidie, fleuriste au Jardin d'Eden. Mais avec le nouveau plan de circulation, deux des trois lignes de bus qui empruntaient la rue Nationale ont été supprimées. Dont celle, très fréquentée, qui menait aux Sablons. « Avant, les gens attendaient le bus dans la rue. Maintenant, ils remontent prendre le tram, observe Yves Monchatre, du bar-tabac Le Brazza. Ils viennent moins prendre le petit café du matin, et j'ai perdu toute une clientèle impulsive, qui rentrait pour un ticket de grattage et qui repartait avec un paquet de chewing-gum. »

Ouest-France

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