Peu après le cri de la sonnerie de midi. Ils déboulent par dizaines du collège Alain-Fournier, trottinent quelques mètres jusqu'au boulevard Winston-Churchill, tombent nez à nez avec les rails de la future ligne de tramway. Anthony, Mohamed, Santy et David constatent l'avancée des travaux. Débordants d'impatience, ils parlent de l'arrivée du tramway avec tant d'enthousiasme que c'est un peu comme si c'était déjà fait. Les arguments en faveur du futur engin et de son réseau de rails et de câbles tombent en rafale :
« ça va embellir la ville », « c'est beaucoup plus esthétique, plus stylé, que le bus ! » « on va pouvoir aller se promener en ville, rentrer tard ».
Rentrer tard, David sait ce que ça veut dire, lui qui habite au Ribay, à l'autre bout de la ligne. « Pour l'instant, il me faut une heure de bus pour venir, voire plus quand il y a des bouchons. Avec le tram, en quarante minutes je serai au collège ». ça n'empêchera peut-être pas d'arriver en retard, mais ça pourra aider.