Édition du mardi 22 avril 2008
« S'intéresser à la ménopause dès 20 ans »
« Bien vivre sa ménopause » : depuis le 19 février, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Sarthe mène une campagne d'information.
Plus de 400 000 femmes sont ménopausées chaque année. Pour la moitié d'entre elles, ménopause rime avec bouffées de chaleur, troubles du sommeil et pensées moroses. De quoi alimenter bon nombre de questions. Corinne Gobron, gynécologue, anime les ateliers mis en place par la CPAM pour les «rassurer et les conseiller».
En quelques mots, comment définiriez-vous la ménopause ?
Simplifions : à la ménopause, la femme n'a plus ses règles. Du coup, l'organisme arrête de produire deux hormones (N.D.L.R. : les oestrogènes et la progestérone). Des hormones qui jouent un rôle important sur les os, la peau, le système cardiovasculaire, la libido, bref sur tout le corps ! De nombreuses femmes avouent ne « plus se reconnaître ».
Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent dans les « ateliers ménopause » que vous animez ?
« Est-ce que les hormones sont dangereuses ? » : à chaque atelier, il y a au moins une femme qui me pose cette question. Les traitements hormonaux font peur, en général. Autre source d'anxiété : le fait d'être plutôt seule face à leurs complications : « Ça arrive à tout le monde ? ». Le fait est que chaque femme vit différemment sa ménopause.
Quels conseils leur livrez-vous ?
À vrai dire, il n'y a pas une réponse type, que l'on peut coller sur chaque visage. Ni un âge type. Bien sûr, quelques-uns de nos conseils s'appliquent à toutes : prendre soin de son alimentation, faire du sport, bien dormir ou se faire surveiller régulièrement par un médecin. Mais ce sont des conseils qui sont valables pour chacun d'entre nous, pas uniquement pour les femmes ménopausées. On devrait faire profiter les filles de 20 ans des « ateliers ménopause » pour qu'elles sachent prendre soin d'elles. Pour le reste, c'est du sur-mesure. L'idée, c'est d'amener les femmes à se prendre en charge elles-mêmes ou, si elles ont des complications, à ne pas avoir peur de consulter un médecin.
Propos recueillis par Élodie FONT.
Ouest-France