Édition du dimanche 15 juin 2008
24 Heures du Mans : Peugeot - Audi : un duel au bout du suspense
Parties comme des bombes, les Peugeot 908 HDI n'ont pas réussi à écoeurer les Audi R10. Ce choc de titans promet une lutte jusqu'à l'arrivée.
Gary Lineker, footballeur international anglais, avait dit un jour que « le football est un sport qui se joue à onze, et à la fin, ce sont toujours les Allemands qui gagnent. » Cette phrase pourrait peut-être s'appliquer aux 24 Heures du Mans. Une course, plus de 5 000 km à parcourir et sur la première marche du podium, il existe de grandes chances que l'on retrouve une Audi R10 sur la première marche. De simples et rapides plans sur la comète car Peugeot est loin d'avoir dit son dernier mot dans cette confrontation entre tenants du diesel. Cette lutte s'annonce à couteaux tirés. Les deux acteurs de ce « battle » sur les premières heures de course ont affiché leurs intentions de ne pas lâcher le morceau. Palpitant.
Record du tour pour Sarrazin
Les Lionnes ont été fidèles à leur philosophie en prenant le départ sur des bases élevées, très élevées. C'est le fonds de commerce du constructeur tricolore. Elles n'ont cessé de s'appuyer sur cette puissance pour faire la différence dans les manches des Le Mans Series. Un tempo longtemps mené par la n° 8 avant qu'un souci de commandes de boîte de vitesse ne vienne bouleverser les plans du trio Lamy/Sarrazin/Wurz.
La 8 en difficulté, la Peugeot n° 9 surgissait pour prendre le relais de cette folle course lancée par les protos français. Un peu à l'image des tactiques employées par les coureurs des Hauts Plateaux en course de demi-fond. Un rythme effréné, tonitruant même lorsqu'en début de soirée, Stéphane Sarrazin, sur une voiture qui avait passé 25 minutes au stand pour cause de réparation, explosait le record du tour de piste détenu depuis 1971 par Jackie Oliver. Le Gardois bouclait les 13,629 km du circuit en 3'19''394. Bien loin des 3'30 espérés par l'ACO pour des raisons essentielles de sécurité... Un signe fort, s'il en était besoin, de la capacité des Peugeot à s'inscrire dans la durée. Les 908 ont gagné en fiabilité, tout en tenant une cadence élevée, un détail qui pourrait leur offrir les lauriers de la victoire.
Et Audi, pendant ce temps-là comme peut l'être Peugeot, demeure fidèle à ses principes. Les Allemandes ne font pas dans le retentissant même si Allan McNish a surpris tout le monde en enchaînant quatre relais. Les pilotes d'Audi veulent aller loin, et pour cela ils entendent ménager leur monture. Une stratégie pleine de prudence, celles de vieux briscards, rompus à l'exercice. Et si l'on compte le nombre de passage aux stands, lieux où l'on perd traditionnellement du temps, la marque aux anneaux possède un avantage certain. Qu'elle n'avait pas réussi à faire fructifier au milieu de la nuit...
Chez les « essence », le duel à distance que se livrent Oreca Matmut et Pescarolo virait à l'avantage des premiers. La n° 5 se permettait même le luxe d'afficher des temps proches de ceux d'Audi tandis que la Pescarolo n° 16 cravachait à la recherche du temps perdu après un choc avec une Epsilon Euskadi synonyme de passage au stand pour réparation (boîtier électrique). La Dome demeurait au contact en affichant des temps plus que corrects pour une voiture qui n'avait jamais roulé de manière officielle.
En LM P2, les Porsche RS Spyder sont fidèles à leur étiquette de favori. Verstappen, l'ancien pilote de F1, menait des cadences infernales. La Lola fermée du Speedy Racing, avec deux nouveautés (châssis et moteur), s'accrochait pour suivre les Porsche tout comme la Saulnier Racing avec le Rennais Lahaye et le Caennais Ragues.
En GT 1, les Corvette et les Aston Martin officielles se livraient un mano à mano de toute beauté alors qu'en GT 2, la catégorie la plus affectée par les abandons notamment celui la Porsche n° 76 vainqueur l'an passé, les Ferrari dominaient les débats.
Stéphane BOIS.
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