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Pascal Meunier, 46 ans, est jugé jusqu'à aujourd'hui par la cour d'assises de la Sarthe. Il est accusé de tentative d'assassinat sur sa femme qui venait de le quitter. En juin 2005, il a tiré au fusil à pompe sur la porte du logement de son ex-épouse à Sillé-le-Guillaume. Depuis hier, Pascal Meunier est jugé pour tentative d'assassinat sur son ex-épouse et menace de mort sur le plus âgé de ses trois enfants.
Le 9 juin 2005, un peu avant minuit, ce père de famille est interpellé l'arme à la main devant le nouveau domicile de son « ex » installée avec leurs enfants à Sillé-le-Guillaume. Quelques minutes avant de faire feu sur la porte d'entrée du logement et de blesser légèrement son épouse, l'accusé a lui-même appelé les gendarmes pour les prévenir qu'il « a un fusil à pompes » et qu'il va tuer « [sa] femme et [ses] enfants. Faites quelque chose ! »
« Je serais ton prédateur »
Ce soir-là, c'est dans un bain de sang qu'aurait pu se nouer l'épilogue d'une rupture conjugale à laquelle Pascal Meunier n'a jamais voulu se plier. La séparation ? « Ça m'a fait comme un électrochoc », se souvient l'accusé dont la tristesse va nourrir une terrible obsession. « Je l'ai vu plusieurs fois. Il venait en voiture pour roder le soir autour de la maison. Son truc : c'était de bloquer la sonnette », raconte sa fille aujourd'hui âgée de 16 ans.
La pression monte au fil des semaines. Crescendo. Quelques jours avant le drame, le père croise le fils. « Il paraît que tu veux me buter », le défie Pascal Meunier. Une bagarre éclate en pleine rue. « Tu seras ma proie. Je serais ton prédateur », lance le père au fils. « J'étais au bout du rouleau. Complètement déprimé », se souvient-il.
Le 9 juin 2005, en fin d'après-midi, l'accusé quitte son emploi qui consiste à tracer la signalisation sur les routes. Il rentre chez lui, prend une douche et arme son fusil à pompes avec six cartouches. Il dînera chez un ami avant de se rendre chez sa femme. L'arme ? « Je voulais aller voir mon fils pour qu'il me tue. » Telle est la version de l'accusé qui ne trouvera finalement pas son aîné, absent du foyer ce soir-là. « Il nous demandait de lui tirer dessus », se souvient l'un des gendarmes présents pendant toute la scène.
Coups de fourches
Au premier jour de son procès qui doit s'achever ce soir, Pascal Meunier, silhouette massive, visage épais et crâne tondu, s'est plié sans mal à l'examen de sa vie qui constitue l'un des passages obligés des audiences d'assises. Né dans une fratrie de huit garçons, il raconte une enfance écorchée, des parents alcooliques et violents qui l'abandonnent en foyers. « L'enfer », résume l'accusé. Sa mère ? « Elle nous tapait dessus avec tout ce qu'elle trouvait. Deux fois de suite, elle nous a tirés dessus avec un fusil, se remémore l'un de ses frères. Lui prenait aussi des coups de fourche. »
Des casseroles ? Pascal Meunier en traîne d'autres. Comme ce jour terrible où son petit frère de 21 mois fait une chute mortelle dans le puits de la ferme familiale. Sa mère le rend responsable, lui qui a 4 ans, de la mort du petit Yannick. Un souvenir encore vif. Une culpabilité tenace. « C'est moi qui aurais dû partir à sa place. Je ne sais pas ce que je fais encore sur terre », se demande toujours Pascal Meunier. Lui qui a décidé de donner le prénom de ce petit frère décédé à son fils aîné avec qui il s'est tant affronté. Avec qui il était convaincu d'avoir tellement de compte à régler.
Igor BONNET.