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24 Heures du Mans

Édition du lundi 16 juin 2008

Allan McNish, l'Écossais qui aime la pluie

Zébulon. Montant pour la seconde fois sur le podium du Mans, Allan McNish a été un artisan majeur de la victoire d'Audi. Pendant plusieurs heures, il a mis la pression sur Peugeot.

À quelques heures de l'arrivée, on ne tient plus Allan McNish. Le pilote de l'Audi n°2 ne cesse d'aller et venir entre stand et zone de panneautage, sautant à chaque fois le muret de béton. Et hop ! Avec sa casquette blanche et rouge, il a tout d'un jockey bondissant. 1,65 m pour 58 kg. Un zébulon sur ressorts. Malgré déjà huit heures de course à son compteur personnel.

Dix ans qu'il l'attend, cette seconde victoire au Mans. « Il a tant de fois mérité de gagner », souligne son ancien coéquipier, Stéphane Ortelli, avec lequel il remporta l'édition 1998 sur une Porsche 911 GT1. « Allan ne lâche jamais, et il ne fait pas de faute, c'est le coéquipier idéal. Et ici, il a fait une course fabuleuse. »

Il l'a encore montré ce week-end. En début de course, l'Écossais a mis la pression sur les Peugeot avec un quadruple relais (presque trois heures au volant) jugé « phénoménal » par le camp d'en face. « Il nous a fait très mal, ce qu'il a réalisé sous la pluie est exceptionnel », constate, admiratif, Bruno Famin, directeur technique de Peugeot Sport.

« La plus difficile »

La pluie, la nuit... « C'est ma victoire la plus difficile », raconte l'ancien pilote de F1 en la comparant à la précédente, là encore celle de trois copains qui avaient réussi l'exploit, battant Mercedes : « En 1998 non plus nous n'étions pas favoris, C'était le même genre de course, à part les conditions atmosphériques qui ont rendu celle-ci très dure. »

Venu de la F1, le pilote est arrivé en 2000 chez Audi. Il n'avait jamais gagné avec la marque aux anneaux. « Chaque fois nous étions les plus rapides, chaque fois il y avait quelque chose avec la voiture. » Cette fois, elle a tourné comme une horloge, ne s'arrêtant que pour le carburant et les pneus. Alors dimanche soir, Allan McNish a mis à son programme « une petite bière avec les mécaniciens ». Une nouvelle victoire, dix ans après, ça s'arrose. D'autant que son coéquipier, Tom Kristensen décroche sa huitième couronne. Et que le troisième homme, Dindo Capello, fête son anniversaire (c'est le 17 juin). Il comptait sur ses coéquipiers pour lui offrir la victoire en cadeau.

Alors, merci Allan. Car le pilote combatif est aussi un joyeux compagnon d'équipe, volontiers facétieux. Le Parisien Alexandre Prémat, qui courait sur l'Audi n°3 en a fait l'expérience pendant la semaine des 24 Heures. Il a retrouvé sa voiture constellée de yaourt. « Une pluie de yaourt », précisait l'Écossais qui aime la pluie. Plein d'humour, grand amateur de cuisine, et très fier de sa nationalité. McNish, c'est du pur Scottich. Il porte le kilt dans les cérémonies officielles. Et il a succédé à Sir Jackie Steward à la tête de l'association des pilotes au chardon.

Papa de Finlay, un petit garçon de trois ans, resté à Monaco pendant l'épreuve, il a promis de l'amener aux 24 Heures du Mans. Dans quelques années. « Nous assisterons à la course, de l'autre côté de la piste... Et bien sûr (sourire farceur) il y aura quelques bières... »

Marc LE DUC.

Ouest-France

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