Édition du mardi 11 mars 2008
Comment il a fait mieux avec moins de voix...
Ce que montrent les résultats des 97 bureaux de vote de la ville du Mans, passés au crible canton par canton, en comparaison des scrutins précédents.
Abstention. Elle a été violente dimanche, au Mans. Au premier tour des municipales de 2001, le taux de participation était de 60 %. Hier, pour le premier tour des municipales 2008, le taux de participation a pris six points dans la vue, pour chuter à 54,18 %. Seuls 52 000 électeurs manceaux (sur 96 000 inscrits) se sont déplacés. Alors que 44 000 personnes n'ont pas jugé utile de le faire. Résultat : En 2001, Jean-Claude Boulard avait été élu au second tour grâce à 29 515 voix, qui ne représentaient « que » 52 % des suffrages exprimés. En 2008, il l'emporte au premier tour avec 29 126 voix (389 voix de moins qu'en 2001 !) qui ont représenté près de 59 % des suffrages exprimés...
Clivage gauche-droite. En 2001, la liste conduite par Jean-Claude Boulard avait dépassé les 50 % dès le premier tour dans les bureaux de cinq cantons du Mans sur neuf. La liste de Jean-Marie Geveaux, dans deux cantons (Le Mans Centre, avec 58,1 % des voix, et Le Mans Nord Ville, avec 50,6 % des voix). En 2008, Véronique Rivron n'atteint ce seuil nulle part. Pire. Il y a moins d'un an, au deuxième tour de la présidentielle, 19 bureaux de votes manceaux avaient placé Nicolas Sarkozy devant Ségolène Royal. Dimanche, seuls cinq bureaux de vote ont placé Véronique Rivron devant Jean-Claude Boulard. Cinq des treize bureaux du canton où elle est conseillère générale (Le Mans Centre) et où elle enregistre son meilleur score (40,82 % des suffrages exprimés). En croisant cette information du taux d'abstention, il apparaît clairement qu'une partie significative des électeurs de droite n'est pas allée voter dimanche. Ou qu'ils n'ont pas voté Véronique Rivron.
Carton plein pour Boulard. Pas moins de 92 des 97 bureaux de vote de la ville ont placé Jean-Claude Boulard loin devant ses adversaires. Il dépasse même allégrement les 50 % dans tous les bureaux de votes de cinq des neuf cantons manceaux : Le Mans Sud-Ouest (65,65 %) ; Le Mans Ville Est (65,43 %) ; Le Mans Sud-Est (69,23 %) ; Le Mans Ouest (62,34 %) ; Le Mans Est Campagne (63,58 %). Il dépasse les 70 % dans 12 bureaux et devance même Véronique Rivron sur son propre terrain en faisant trois points de mieux qu'elle (43,81 %) sur le total des 13 bureaux du canton Le Mans Centre. Le meilleur score du maire sortant ? Bureau n° 42, restaurant scolaire du Gué-Bernisson : 76,39 % !
Fanal au centre. Et le MoDem, dans tout ça ? Il parvient à dépasser les 8 % dans deux cantons du centre-ville (Le Mans Centre et Le Mans Nord Ville) où il enregistre plus de 10 % des votes dans cinq bureaux (trois dans Le Mans Centre, deux dans Le Mans Nord Ville). Meilleur score ? Bureau n° 27, restaurant scolaire René-Descartes, avec 67 voix représentant 13,43 % des suffrages. Apparemment, le MoDem a chassé sur les terres de la droite, mais pas (ou peu) sur celles de la gauche. La position de Dominique Fanal sur le projet d'espace culturel des Jacobins explique peut-être en partie ses bons scores en centre-ville : c'est le seul candidat qui proposait de conserver le théâtre actuel intact, en se contentant d'en rénover l'intérieur.
C'est la lutte... Et l'extrême-gauche, dans tout ça ? Elle enregistre des résultats en dents de scie, par-ci, par-là. Seule la liste Radicalement à gauche parvient à quelques performances, en dépassant trois fois les 8 %. Dans 29 bureaux sur 97, Frédéric Madelin s'offre le luxe d'obtenir plus de voix que Dominique Fanal, le candidat MoDem. En cumulant les voix des trois listes « à gauche de la gauche » présentes dans ce scrutin (LCR, LO et PT) on arrive même à une curiosité au restaurant scolaire Jules-Ferry, bureau n° 67. Les trois candidats d'extrême-gauche y totalisent 78 voix à trois (16,89 % des voix en tout). Soit deux petites voix (80) de plus que la candidate UMP dans ce bureau-là !
S.V.
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Ouest-France