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Jacques Gouin. Exactement. Je me suis plongé dans les collections à la recherche d'articles sur Wilbur Wright et sur les concerts de l'époque. Très vite, je me suis rendu compte qu'il y avait des choses très étonnantes à la « une » qui avaient une résonance aujourd'hui. À l'époque, le président de la République c'est Armand Fallières. Georges Clemenceau, est président du conseil et le Sarthois Joseph Caillaux est ministre des finances. En 1907, Caillaux avait présenté un projet d'impôt sur le revenu qui devait entrer en application en 1908. Tous les jours, dans les colonnes, il en prend plein son grade ! Un article se plaint que les Français paient deux fois plus d'impôts que les Anglais ou les Allemands, etc. C'est quelque chose qu'on entend encore aujourd'hui.
Quelles sont les autres grandes préoccupations des Manceaux de 1908 ?
On parle beaucoup d'Allemagne... Il est même déjà question de guerre. Il y a aussi une dose de people : le prince héritier de Monaco qui a une petite fille avec sa maîtresse... On parle encore de la peine de mort. Fallières et Clemenceau gracient à tour de bras. Il est question de l'affaire Soleilland ; cet homme qui avait violé et tué une petite fille et qui a été gracié. La presse va profiter de l'émotion pour rentrer dans le combat. Combat qu'elle va gagner d'ailleurs. Ce qui fait que la peine de mort ne sera abolie qu'en 1981.
C'est cette « revue de presse » qui amorce le spectacle ?
Pas tout à fait. On commence par une chanson Ah ! ils veulent sur l'air de Viens poupoule, avec la soprano Anne Constantin. Ensuite, j'attaque avec un texte de La Sarthe du 11 août 1908 racontant le premier vol de Wilbur Wright aux Hunaudières. De là, je dérive sur cette revue de presse.
Le quatuor Debussy se glisse alors dans le spectacle...
Oui. Juste après un petit texte sur le droit de la critique écrit après une attaque violente sur un ténor. Le quatuor Debussy jouera une vingtaine de minutes du Debussy et rejouera un peu plus tard du Beethoven. Ensuite, je reviens avec le critique de l'époque qui était un certain Charles Magne... Il sera aussi question d'Alfred Françaix, le père de Jean, qui est alors un prof de piano nouvellement nommé au Mans. On a retrouvé à l'ENM des partitions d'Alfred Françaix qui seront jouées par Caroline Goupil et que j'accompagnerai de poésies. Enfin, on reviendra à Wilbur Wright.
Propos recueillis par
Olivier RENAULT.
Ce jeudi 15 mai, à 20 h 30, au dortoir des moines de l'abbaye de l'Épau. Tarifs : de 5 € à 20 €. Réservations : 02 43 27 40 60. À 12 h 15, Midi musical à l'hôtel du département (préfecture) avec le pianiste Adam Laloum. Tarifs : de 5 € à 9 €.