Emplois : inquiétudes chez Renault
Xavier Raynaud, élu CGT du comité d'entreprise : « La direction annonce qu'il y aurait une petite centaine d'intérimaires en moins à la rentrée. »
Après l'annonce du PDG de réduire les effectifs, la CGT s'interroge sur les conséquences de l'usinedu Mans, où le nombre d'intérimaires pourrait se réduire de moitié.
Inquiétude chez Renault Le Mans, qui emploie 3 000 personnes, intérimaires et CDD compris. Hier, Carlos Gohn, patron du groupe, a annoncé une réduction des effectifs. Notamment à Sandouville, en Seine-Maritime, où est fabriquée la Laguna. Dont les ventes patinent dans la semoule. « La production sera divisée par deux. On passerait de 420 à une centaine de Laguna par jour », confirme Josiane Kharo, déléguée CGT à l'usine de Sandouville.
Au Mans, la nouvelle a de quoi susciter des interrogations. Le site sarthois fabrique le châssis de la Laguna : trains de roues avant et arrière, disques de frein. « Il risque d'y avoir des répercussions », estime Xavier Raynaud, élu CGT du comité d'entreprise, qui s'appuie notamment sur une déclaration de la direction : « Ils nous ont annoncé qu'il y aurait une petite centaine d'intérimaires en moins à la rentrée. »
Autre motif d'inquiétude : la suppression de 10 % de la main-d'oeuvre indirecte, c'est-à-dire les techniciens, agents de maintenance, cadres ou employés de bureau qui n'interviennent pas directement sur la chaîne de production. « Au total, le groupe annonce 6 000 suppressions d'emplois alors qu'au 1er semestre, on affiche 1,5 milliard d'euros de résultats nets », se désole Yves Audevard, administrateur de la CGT Renault. « C'est un vrai faux plan social. Il n'y aura pas de licenciements, mais des départs à la retraite pas remplacés et des pressions sur les employés usés, cassés. Il y aura moins de monde, mais l'objectif de production reste le même. » Parce qu'il y a quand même des bonnes nouvelles. Pour le Trafic, le Masters et le Kangoo, ça roule bien.
J. L.
Ouest-France