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En octobre 2004, lors d'une visite en compagnie de Gérard Larcher, ministre du Travail, Anne Lauvergeon (à droite), PDG du groupe Areva, alors propriétaire de FCI, avait rassuré les salariés : « Il n'y a pas d'inquiétude à nourrir pour l'avenir. » Un an plus tard, l'usine était vendue à un fonds d'investissement. : Archives Ouest-FranceLes syndicats sont plus sceptiques. Et plus directs : « Le projet de fermeture est à l'ordre du jour, c'est écrit noir sur blanc sur la convocation », assure Nasser Hamrani, à la fois secrétaire du comité d'entreprise et délégué Force Ouvrière, syndicat majoritaire au sein de l'usine de La Ferté, spécialisée dans la fabrication de connecteurs pour les télécoms. « On va vers une fermeture, c'est sûr. » Raisons d'un tel doute ? Depuis trois ans, le site s'essouffle.
« On n'est plus rentables »
À l'automne 2005, Bain Capital, fonds d'investissement américain, rachète FCI, qui compte, à l'époque, 12 000 salariés : 4 000 sur six sites en France, 8 000 à l'étranger. « Depuis, à La Ferté, il n'y a eu aucun investissement, aucun nouveau produit », constate Nasser Hamrani, qui pointe aussi la « délocalisation » de produits et de machines vers l'Inde et la Chine. « Bain Capital est en train d'attaquer ses sites européens. Mercredi, ils ont annoncé qu'ils allaient licencier 90 personnes sur le site de Besançon. » La Ferté n'a jamais souffert de licenciements, prémisses d'un mauvais vent. « Mais depuis trois ans, il n'y a pas d'embauches. » Résultat : la moyenne d'âge des employés vieillit. « Entre 45 et 50 ans, estime Nasser Hamrani. Pour la direction, on n'est plus rentables. »
Dans un communiqué, la direction indique que « la division Électronique de FCI a vu son chiffre d'affaires divisé par trois entre 2000 et 2007. Ces évolutions mettent en danger la division Électronique. » Explication ? « Affecté depuis 2001 par la crise du secteur des télécommunications, le marché de l'électronique s'est majoritairement déplacé en Asie. À cela s'ajoutent une forte hausse du prix des matières premières, ainsi qu'une parité euro/dollar défavorable à la production en zone euro. »
En octobre 2004, lors d'une visite en grande pompe en compagnie de Gérard Larcher, ministre du Travail, Anne Lauvergeon, PDG du groupe Areva, alors propriétaire de FCI, avait rassuré les salariés : « Il n'y a pas d'inquiétude à nourrir pour l'avenir. » Un an plus tard, l'usine était vendue au fond américain. Même son de cloche : à l'issue du comité central d'entreprise, les responsables syndicaux affirmaient que Bain Capital s'engageait à « garder les six sites français ».
Jérôme LOURDAIS.