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Édition du lundi 03 mars 2008

Fêtards et riverains : le choc du centre-ville

Fin 2007, le préfet a fait fermer plus tôt les kebabs pour limiter les nuisances en centre-ville. Depuis, le débat fait rage.

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« Moins de bruit », grincent les uns. « Plus de son », hurlent les autres. Pantouflards d'un côté. Fêtards de l'autre. Le coeur du Mans a du mal à trouver son équilibre. En témoignent les avis divergents des internautes collectés sur notre site « maville.com » depuis que Ouest-France y a lancé un débat sur la décision du préfet d'avancer la fermeture des kebabs. Depuis fin 2007, un arrêté leur impose de fermer dès 2 h et non plus à 4 h..

« Faut pas abuser, dénonce Delphine. Si le bruit dérange tant que ça, il ne faut pas habiter en ville ! Aujourd'hui il n'y a plus aucune tolérance ! » Julien constate que « les activités nocturnes sont faibles voire quasi inexistantes pour les jeunes. Nous avions déjà les bars qui ferment à 2 h nous avons maintenant les kebabs ! Mais vous voulez quoi franchement ?, s'interroge-t-il. Que toute la jeunesse mancelle se barre ? »

Marie exprime un point de vue intéressant : « Je fréquente très souvent Le Mans la nuit. Quand je passe dans la rue du Port à une heure tardive, la lumière des kebabs, et les personnes qui s'y trouvent, me procurent un sentiment de sécurité. Pas lorsque je passe dans une rue inanimée sans lumière. » « Les nuisances ?, estime Jean-Jacques. Il s'agit d'un manque de civisme uniquement. » Pour François, en revanche, « la ville appartient à ceux qui payent des impôts. À eux de décider. Le droit de dormir pour pouvoir aller travailler devrait faire partie de la Constitution. »

Quant à Fabien, il se demande s'il faut se « plaindre de ces nuisances après avoir donné les autorisations d'ouvertures de bars et discothèques sur un secteur aussi restreint ? On récolte ce que l'on a semé. Je suis riverain et commerçant dans le quartier. D'un point de vue riverain, c'est beaucoup plus calme. Je dors enfin une nuit complète ! Mais, attention à la réouverture des kebabs à 5 h ! Déjà ce week-end, ils étaient rouverts. »

Patron du kebab « Relais-express », rue du Port, Hamdi, 23 ans, confirme : « Ben oui, ce week-end, j'ai fermé à 2 h et rouvert à 5 h. En quelques mois, se plaint le jeune homme, j'ai perdu 60 % de mon chiffre d'affaire à cause de cette fermeture avancée. Il faut bien que je rembourse mon crédit. Le problème ? C'est ceux qui ne savent pas boire ! La fermeture à 2 h n'a rien réglé. Ceux qui veulent se bagarrer trouvent toujours une bonne raison de le faire. »

Alors, l'avancée de la fermeture des kebabs aurait-elle réussi à réduire les nuisances dans un centre-ville où la restauration et les bars constituent la première activité commerciale ? « Bof, témoigne une commerçante de la rue du Docteur Leroy où elle habite aussi. Il y a un léger mieux mais les gens continuent à hurler. Je dors avec des boules Quies et je suis pourtant réveillé chaque week-end alors que notre chambre n'est pas côté rue. »

Autre interrogation : habiter en centre-ville et exiger le calme absolu est-il compatible avec la nécessité de laisser se développer des animations nocturnes ? Pas évident. En témoigne le spectacle, pourtant très consensuel, des Chimères. Les organisateurs ont dû se plier aux exigences de riverains en réduisant notamment le volume sonore du show. De quoi se poser une dernière question : la fièvre du samedi soir a-t-elle encore sa place en centre-ville ?



Igor BONNET.

Ouest-France

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