Football : Le pari gagné de Daïsuké Matsui et du Muc 72
Daïsuké Matsui: son jeu débridé a séduit tous les publics de France. : Blandine Lempérière
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Daïsuké Matsui disputera ce soir devant Marseille son dernier match sous le maillot du Muc 72, au stade Léon-Bollée. Comme le Brésilien Tulio de Melo qui jouera la saison prochaine à Palerme (Italie). Et sans doute comme le Monténégrin Marko Basa et le gardien de but Yohann Pelé...
Matsui l'enchanteur n'est vraiment pas un footballeur comme les autres. Il y a du Mozart en lui. Sa petite musique footballistique est très personnelle et a fait le délice des supporters du Muc 72 mais aussi des autres amateurs de football un peu partout en France. Avec son sens exceptionnel du contre pied, sa conduite de balle déroutante, sa maîtrise technique parfaite, son sens inégalé de la feinte et du spectacle, Daï nous a régalés depuis son arrivée au Mans, en septembre 2004. Daniel Jeandupeux, alors entraîneur, aujourd'hui conseiller du président Henri Legarda, avait été séduit par ses qualités entrevues lors d'un match avec la sélection espoir nippone, devant les Russes, notamment. Mais son transfert de Kyoto au Mans s'apparentait bel et bien à un pari très audacieux. Pari gagné.
« Comme un joueur de jeu-vidéo »
Témoins privilégiés de son arrivée à La Pincenardière, Laurent Bonnart et Yohann Hautcoeur se souviennent parfaitement de ses premières séances.
« C'était assez marrant, rapporte « Lolo » le Marseillais. On avait l'impression de voir un joueur de jeu vidéo. Il avait une façon bien à lui de tripoter la balle. Il faisait des trucs assez sympas avec le ballon. Des trucs qu'on avait jamais vus et jamais pensé faire. Mais on se posait quand même la question de savoir ce qu'il pouvait donner sur un terrain, en match. Il était clair qu'on avait affaire à un grand technicien et à un sacré jongleur. Mais la vérité, c'est sur le terrain. Sa force a été de travailler et de s'adapter. Il n'a fait que progresser au fil des années au Mans. Il ne laissera que des bons souvenirs. En plus, il faut savoir que c'est un super-mec, toujours souriant, très malicieux. Il est malin, Daï... »
« Un spectacle à lui tout seul »
Yohann Hautcoeur ne dit surtout pas le contraire. « Daï, c'est un artiste, un technicien hors norme. Un spectacle à lui tout seul. Il est complètement imprévisible en un contre un. Sa gestuelle est exceptionnelle et unique. Le but qu'il marque à Monaco, c'est une variante de Madjer. Mais c'est encore mieux. C'est un bijou. Il n'y a que lui qui peut marquer un but comme celui-là. Personne d'autre n'oserait tenter un tel geste. Mais il faut savoir qu'au début, quand il est arrivé, il a fallu qu'il travaille énormément sur le plan physique. Car au Japon, il n'y a pratiquement pas de contacts entre les joueurs en match. Tandis qu'en France, en Ligue 2 surtout, on se fait « rentrer dedans ». Au début, entre-nous, on se posait la question de savoir comment il allait s'adapter au foot européen. En fait, avec sa technique, il a réponse à tout. Et puis c'est vraiment un gars sympa. Les Manceaux vont le regretter. Mais lui aussi va regretter Le Mans. Il y a vécu des moments forts. »
En partance pour Saint-Etienne, Daïsuké Matsui aura à coeur de régaler le public de Léon-Bollée une dernière fois. Les 16 000 personnes attendues pour ce match seraient bien inspirées de réserver une belle et grande ovation à ce Mozart du ballon rond, dont le football a tant besoin...
Jacques HÉBERT.
Ouest-France