Grève à l'école : le service minimum patine
En Sarthe, certaines communes assurent un service minimum depuis plusieurs années. : Archives Thierry Creux
En Sarthe, seules 28 communes ont répondu à l'appel du ministre de l'Éducation. Et certaines accueillent les élèves les jours de grève depuis longtemps !
Ce jeudi, une bonne partie des fonctionnaires sarthois, et donc des professeurs, sera en grève (lire ci dessous). L'occasion de mettre en pratique l'une des dernières trouvailles du ministre de l'Éducation Xavier Darcos : donner de l'argent aux communes qui se chargent d'assurer un service minimum d'accueil dans les écoles maternelles et primaires. À 48 heures du mouvement de colère des profs, le ministère s'est évidemment empressé de publier la liste des mairies intéressées. Mais on est loin de la ruée attendue.En Sarthe, seules 28 communes ont répondu à la proposition. Plus exactement, elles ont fait part de leur intérêt à signer dans les deux mois une convention avec l'État relative aux modalités de financement. Xavier Darcos a indiqué que ce financement sera fonction du nombre d'enfants accueillis : 90 € jusqu'à quinze élèves et, au-delà, 90 € par tranche de 15 élèves. L'argent viendra d'un fonds alimenté par les retenues de salaire des enseignants grévistes, ce qui exaspère les syndicats enseignants et beaucoup d'élus de gauche.La mesure a-t-elle incité les mairies à mettre en place des accueils, ce jeudi ? Rien n'est moins sûr. D'abord pour qu'une école soit fermée, il faut que tous les instituteurs qui y font classe soient en grève. Rien ne dit que cela sera le cas, notamment dans des villes comme Sablé ou Solesmes... Ensuite, plusieurs maires ont clairement profité d'un effet d'aubaine pour récupérer un peu de sous.Depuis vingt ans, à La FertéÀ La Ferté-Bernard, le maire (divers droite) Pierre Coutable rigole en signalant que « cela fait plus de 20 ans qu'un tel accueil existe dans la commune ». Ce jeudi, il sait déjà que les écoles maternelles et primaires Victor-Hugo seront fermées. Les Atsem, ces agents municipaux qui soutiennent les instituteurs dans les écoles, assureront donc un accueil pour les parents qui le souhaitent : « La demande concerne surtout les petits de maternelle. Les élèves de primaire peuvent se garder seuls ou être gardés par un grand frère ou une grande soeur. »Tout conseiller général de gauche (PRG) qu'il est, Michel Quillet, maire de Rouessé-Vassé, ne s'est pas non plus privé de renvoyer le formulaire à l'inspection d'académie. « Les jours de grève, on demande aux parents de garder leurs enfants. Mais pour ceux qui ne peuvent faire autrement, on assure une garde. Cela fait des années qu'on fait ça. Maintenant, l'État me propose un peu de sou. En tant que maire d'une petite commune, je prends. » En renvoyant le formulaire, Michel Quillet a d'ailleurs biffé l'original en faisant part de son intention de « continuer à mettre en place » un service d'accueil minimum. « Il ne faudrait pas que le gouvernement fasse de la récupération. »Patrick ANGEVIN.
Ouest-France