Actualité dossier

Le Mans Prototype 1 (LMP1)

Édition du lundi 16 juin 2008

Henri Pescarolo ou quand la fierté l'emporte

Bien que très déçu d'avoir « perdu » la n°16 sur casse moteur au petit matin, Henri Pescarolo

cherchait à positiver son bilan avec cette victoire pas si « fictive » de la course essence.

Vestes noires, petites malettes à la main, les deux « médecins légistes » Judd viennent osculter le défunt. Le « coeur » de la Pescarolo n°16 vient de lâcher. Le moteur qui ratatouille, « un vrai bruit de casserole », une soudaine perte de puissance ainsi qu'une forte odeur de barbecue. « J'ai hélas rapidement compris que j'allais tristement fêter mon premier abandon au Mans, le deuxième de l'année après Monza. » Les signes d'une mort subite n'ont pas trompé Jean-Christophe Bouillon, alors au volant.

Reste à en trouver l'origine. Après une bonne heure « d'endoscopie », la piste du piston défaillant semble l'emporter. Il est 6 h 24 à la montre de Claude Galopin quand celui-ci lâche un laconique « c'est cuit. » Alors qu'il s'apprêtait à prendre son relais, Emmanuel Collard assisteimpuissant à son septième baisser de rideau en 14 participations. « C'est toujours chiant (sic) de ne pas être à l'arrivée surtout que le moteur Judd est généralement super fiable. Il faut l'accepter. Rendez-vous au Nürbürgring. » A titre personnel, l'ex-pilote essai de F1 se souviendra longtemps d'un dépassement à trois, chaud-bouillant. « En début de course, j'ai dû dépasser une Epsilon, elle-même en train de doubler une GT. Là, j'avoue avoir été un peu optimiste. En me plaçant à gauche, je me suis demandé comment j'allais me sortir de ce mauvais pas. Au final, juste un petit morceau du fond plat arraché par un vibreur ».

Et le sympathique « Manu » d'espérer à 10 h 30 « que la voiture n°17 va pouvoir conserver sa position et ainsi sauver l'honneur de Pescarolo Sport. » Au carillon de 15 h, il sera entendu. Et ce, malgré de légères coupures électriques au niveau du tableau de bord, fort heureusement sans conséquences. « Le meilleur résultat possible pour nous. D'ailleurs, il nous manque la petite cérémonie du podium essence », regrette ironiquement l'Alençonnais « Ben » Treluyer, auteur d'un quadruple relais de 6 h 30 à 10 h.

Le big boss barbu ne disait pas autre chose à l'heure de l'analyse finale. « Notre course face à Oreca, Dome ou encore Lola, nous l'avons gagnée. J'espère que l'ACO tiendra parole au vu de l'incroyable potentiel des voitures Diesel. Avouez qu'un match à douze voitures aurait été autrement plus passionnant, même si la bagarre Peugeot/Audi a été formidable. On mérite aussi d'y participer. »

« Les deux voitures méritaient d'aller au bout »

Après un bisou bien mérité à son épouse Madie, Henri Pescarolo cherchait à positiver son bilan de la 76e édition. « Ce que Peugeot vient de réaliser, je l'ai réussi par le passé en terminant deux fois deuxième derrière Audi. Sur cinq Pescarolo au départ, il y en a quatre à l'arrivée. Avec, qui plus est, un podium LM P2 avec de jeunes pilotes. »

Beaucoup de satisfactions pour une grande déception et l'abandon sur casse moteur de la n°16. « Ce n'est pas dans les habitudes de John Judd de nous donner des moteurs avec des pannes ou des problèmes. On va analyser tout ça, mais c'est vrai que les deux voitures méritaient d'aller au bout. » Oh que oui !



Philippe PANIGHINI.

Ouest-France

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