Baby-sitting









L'Orée du mail 1 et 2 a amené de nouveaux services dans le quartier : outre les professions médicales, des assurances, des agences immobilières et une banque avec un distributeur de billets, très attendu dans le quartier ! Les commerçants qui avaient surtout une clientèle venue de l'extérieur ont beaucoup plus souffert. « Certains sans doute déjà fragiles n'ont pas tenu le coup ». On comptabilise trois disparitions : le quincailler-droguiste, la fleuriste et le magasin de moto Honda, qui était pourtant « une institution » dans le quartier !
Pour tenir le coup pendant cette période difficile, plusieurs solutions : piocher dans sa réserve de trésorerie, renégocier ses emprunts avec son banquier. Ou encore diversifier son activité : « Moi, par exemple, j'assure le dépôt du pressing et le relais pour les colis des 3 Suisses, raconte Jean-Pierre Verneau. Un voisin le fait pour la Redoute. C'est un petit complément d'activités et ça fidélise la clientèle ». Il y a eu aussi d'heureux hasards. « Si je suis encore là aujourd'hui, témoigne le responsable des cheminées Godin, c'est grâce au maintien de la TVA à 5,5 % et au crédit d'impôt pour l'installation de chauffage. Parce que c'est psychologique, les gens n'osaient plus s'aventurer sur l'avenue ». Et pour les faire revenir, soupire le caviste ! « Maintenant, ils ont tous pris l'habitude de passer par l'avenue Bollée ! »
Nouvelles enseignes. Parmi les nouvelles venues sur l'avenue : deux esthéticiennes, activité inexistante jusqu'à présent. Domino pizza qui a remplacé la fleuriste en février, ne regrette pas son choix. Sa voisine, vendeuse de tresses africaines (à la place d'une agence d'intérim) se félicite d'être « bien vue » depuis le tram, mais espère que les gens en descendront pour venir faire leurs emplettes. Très attendu des commerçants, le distributeur de billets de banque installé avec les assurances et les agences immobilières dans les immeubles de l'Orée du mail. Ces derniers accueillent nombre de professions médicales « qu'on n'avait pas jusqu'à présent ». Pour Jean-Pierre Verneau, c'est « l'effet cumulé du tramway et de la zone franche ». Il y a aussi pas mal de monde dans les bureaux. « C'est bon pour le commerce ! »
L'ancien magasin de motos en travaux se transformera d'ici quelques mois en un Marché plus. Et un restaurant gastronomique ouvrira ses portes dans l'ancienne cordonnerie Verneau (au 136). L'association des commerçants a tenté de faire venir un poissonnier et une mercerie. Sans succès pour l'instant.
Modifications. Plusieurs commerces ont profité des travaux du tramway pour se refaire une beauté. C'est le cas du salon de coiffure Style et coupe et de la pharmacie du Viaduc. Coccimarket, a changé d'enseigne mais pas d'activités en devant Casino. La couturière a passé la main. D'autres enfin, tout en restant sur l'avenue ont changé de local (c'est le cas de l'autre pharmacie et de l'informaticien).
Verdure. « Au début, c'est sûr, les platanes coupés, beaucoup ont critiqué ! se souvient Jean-Pierre Verneau. Mais 15 jours après, on n'en parlait plus. On ne les regrette pas. Maintenant, c'est beaucoup plus dégagé. Les nouveaux arbres, après concertation, on les a fait planter au milieu de l'avenue. Ça ne nous enlève pas de places de parking ! Et d'un côté à l'autre de l'avenue, on se voit. Et du coup, cela incite certains à donner un bon coup de peinture sur leur façade ».