Édition du lundi 03 mars 2008
L'avis des candidats sur les nuisances en centre-ville
« Rendre vivant le centre-ville »
Frédéric Madelin (LCR). « Difficile de concilier les avantages de l'animation de la ville et le silence de la campagne. Habiter en centre-ville est souvent un choix que de moins en moins de gens peuvent se permettre. Il faut donc en accepter les conséquences. On peut faire appel à la concertation, à l'autodiscipline et à la tolérance réciproque, mais il serait plus efficace de procéder à l'isolation phonique des logements. Le bruit n'est pas seulement une nuisance du centre-ville. Le problème est surtout de rendre vivant le centre-ville. Il est mort à partir de 20 h, à l'exception de quelques rues. Cela vient de raisons plus générales : emploi, loisirs, équipement, pouvoir d'achat, départ des jeunes. Autant de facteurs qui ne dépendent pas de la seule municipalité. »
« Le débat sur le Triangle d'or a cessé »
Jean-Claude Boulard (PS). « La conciliation de l'aspiration légitime des riverains à la tranquillité et le fonctionnement des établissements de nuit est une question difficile. Pour progresser, la Ville a favorisé la naissance d'une association « La Nuit au Mans » qui regroupe les responsables des établissements qui se sont engagés sur le respect d'une charte de fonctionnement. Une campagne de sensibilisation a été engagée avec cette association auprès des clients. Il doit y avoir une meilleure maîtrise des sorties d'établissements. À ce titre, la Ville a obtenu une augmentation de la présence de la police entre 3 h et 4 h. Pour améliorer encore le contrôle de nuit, je suis favorable, en liaison avec les établissements et la police, à la mise en place dans les sites les plus sensibles d'un système de vidéo surveillance. Je rappelle qu'en cas de méconnaissance des règles de fonctionnement et des questions de tranquillité par les établissements, le maire obtient du préfet le retrait des autorisations d'exploitation. Le maire a approuvé le récent arrêt préfectoral ramenant à 2 h l'horaire de fermeture légale des établissements de vente à emporter dans le coeur de ville. Même si il y a encore de gros progrès à faire, je constate que le débat sur le « Triangle d'Or » qui faisait rage en 2001 a cessé. ».
« Apprendre à se respecter »
Véronique Rivron (UMP). « Le récent arrêté préfectoral est une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne nouvelle pour les riverains qui retrouvent une plus grande tranquillité. Mauvaise nouvelle pour les noctambules qui appréciaient de prendre un kebab ou un sandwich après une soirée entre amis. Pourtant, il y avait urgence et le préfet était dans son rôle lorsqu'il a pris cette décision. Il apparaît clairement que la municipalité a échoué dans sa mission de prévention. Maintenir une vie nocturne animée est indispensable mais dans le respect des règles du « savoir vivre ensemble ». En la matière, la municipalité doit avoir un rôle moteur. Tout repose sur la concertation et la responsabilisation. Concertation avec les professionnels concernés et responsabilisation des clients qui doivent savoir que l'on peut s'amuser à l'intérieur des établissements, mais respecter le sommeil des autres en dehors. Ce rôle pédagogique, contrairement à la majorité sortante, je souhaite l'assumer. Parfois la pédagogie passe par des décisions strictes pour mieux faire comprendre que vivre ensemble, c'est apprendre à se respecter. »
« 2 h, cela me paraît un peu juste »
Dominique Fanal (MoDem). « Il est parfois difficile, au Mans, de dîner à l'issue d'un spectacle. Il reste en effet trois ou quatre brasseries ou, en effet, quelques petits restaurants-kebabs. Un ou deux restaurants qui, en plein centre ou dans la vieille-ville, resteraient ouverts plus tard, ce ne serait pas forcément un luxe. Je regrette que tout soit de nouveau fermé à partir de 2 h. La vérité, me semble-t-il, est que chacun doit respecter chacun. Pour ce faire, il faut entrer dans le restaurant, quel qu'il soit, s'asseoir à une table, et ne pas avaler son sandwich ou son assiette debout sur le trottoir ! Les bavardages prennent alors, forcément, des proportions gênantes pour ceux, infiniment respectables, qui n'ont que leur nuit pour dormir ! 2 heures, cela me parait parfois un peu juste. 4 heures, en même temps, c'est bien tard... Peut-être pourrait-on couper la poire en deux ? À la limite, les cafés et restaurants avec consommation uniquement à l'intérieur peuvent fermer quand ils veulent, à condition que les excès de boisson soient surveillés. N'importe quel client doit pouvoir sortir en silence d'un établissement. Pour le coup, il y a notre police nationale qui, la nuit, tourne en ville en voiture. Qu'elle surveille, sans violences, ces zones, avec suffisamment de présence, de tact et de professionnalisme, pour garantir sérénité et silence, sans provoquer d'angoisses ni de psychoses inutiles. »
« Pas d'avis sur la question »
Yves Cheere (Lutte ouvrière). Le candidat d'extrême gauche n'est guère passionné par le sujet de la cohabitation des fêtards et des riverains dans le centre-ville: « Je vous informe que nous n'avons pas d'avis sur la question et que nous cherchons plutôt à faire une campagne politique. »
Jean-Pierre Dailly (PT). Nous n'avons pas reçu de réponse du candidat.
Ouest-France