Baby-sitting









L'explication ? Le département sciences de l'Université du Maine va ouvrir, à partir de septembre cette licence, ici, au Mans. À des milliers de kilomètres de là, le lycée français de Mexico cherchait le moyen de compléter la formation de ses étudiants en BTS « maintenance industrielle ». « Là-bas, il y a un vrai besoin de personnel d'encadrement intermédiaire, explique Yves Guillotin, le président de l'Université du Maine. Les entreprises françaises sur place ont du mal à recruter ». Problème : pour ouvrir une formation à bac + 3, le lycée devait s'appuyer sur une université. C'est un ancien universitaire manceau travaillant désormais là-bas, qui a fait le lien.
Pas de saute-océan, Internet
La signature de la convention entre l'Université du Maine et le lycée français de Mexico a eu lieu là-bas, la semaine dernière. Ce sont les enseignants du Mans qui assureront la partie théorique. Pas question pour eux de jouer à saute-océan ! « Nous allons nous appuyer sur notre savoir-faire en matière d'enseignement à distance », précise Yves Guillotin. En clair, les cours, en français, seront disponibles sur Internet. « Nous nous sommes assuré qu'il y avait sur place de bons relais parmi les enseignants pour la partie pratique. En ce qui concerne le volet professionnel : les entreprises françaises sur place sont demandeuses ». Elles sont 300 au Mexique et pèsent 300 000 emplois. Parmi celles que cette formation intéresse : Gaz de France, Renault, ainsi que des entreprises d'aéronautique...
« Le problème au Mexique, c'est que si l'offre de formation est grande, la qualité est très inégale. Et puis il y a une grande appétence pour les formations françaises. D'ailleurs, s'il compte des enfants d'expatriés, le lycée français de Mexico accueille une majorité de Mexicains. Pour les familles aisées, francophiles ou attachées à la culture française, c'est là qu'il faut faire ses études ».
Une vingtaine de candidats devrait faire partie de la première promotion. C'est au Mans que se fera la sélection, sur dossier. Le calendrier scolaire est le même qu'en France. Les étudiants passeront leurs examens là-bas. Mais auront un double diplôme : le national et celui de l'université du Maine. Son président ne cache pas sa satisfaction de voir aboutir « ce projet qui montre la capacité de l'université à se projeter dans l'international. Aujourd'hui, c'est à ce niveau que se situe la recherche et le marché de l'éducation ». Cette expérience mexicaine ne devrait donc être qu'une première étape...
Laurence PICOLO.
À la rentrée de septembre, l'Université du Maine accueillera aussi des étudiants en licence professionnelle « moteur et environnement ». Les cours se dérouleront au Mans et au lycée de Saumur, pour des raisons pratiques. Le lycée bénéficie en effet d'équipements importants, comme des bancs-moteurs d'une valeur d'un million d'euros.