Baby-sitting









Las Casas et Sepulveda s'affrontent verbalement dans une église de Valladolid. Sur scène, trois personnages principaux, le moine dominicain Bartholomé de Las Casas, le professeur Sepulveda et un légat du pape. Une époque : 1 550 et la conquête des Amériques par les Espagnols. Et un débat : les Indiens ont-ils une âme et peuvent-ils recevoir le salut chrétien. « Il faut avoir un beau triptyque pour que la pièce soit habitée mais sans être trop démonstrative », explique Olivier Couasnon. Le pari est réussi et la bataille oratoire des deux protagonistes donne des frissons au public attentif, subjugué devant un Las Casas en souffrance, presque en transe, et un Sepulveda au regard glacial, pourfendeur de la cause des Indiens. « Ils sont remarquables ! L'intensité dramatique ne diminue jamais tellement c'est bien joué », s'exclame Dominique, qui voit la pièce pour la deuxième fois. Ravie, elle ne s'est pas ennuyée une seule seconde et a même noté des améliorations : « Le personnage de Bartholomé est plus nuancé ce soir ».
« La pièce est sublimée par le lieu »
Françoise, une autre spectatrice, est également conquise : « On voudrait refaire le monde après avoir vu cette pièce ». Une histoire et des dialogues qui sont en effet étrangement modernes quand le légat du pape s'écrie : « Sommes-nous la police du monde ? » Comme si le débat sur l'ingérence n'avait pas évolué depuis 1550.
Deuxième objectif pour Olivier Couasnon et sa troupe, faire vivre la pierre ! Pour le metteur en scène, « c'est un cadeau de faire vivre la collégiale avec des pièces contemporaines de ce genre ». « La pièce est sublimée par le lieu », affirme Dominique en experte. Et sous le regard impassible d'un crucifix, à la lumière tremblotante des chandeliers, les comédiens et le public s'évaporent après deux heures de génie littéraire et théâtral...
Pratique : La Controverse de Valladolid : le 17, 18, 19, 24, 25 et 26 juillet à 21 h à la Collégiale Saint-Pierre de la Cour. 13 € pour les adultes, 9 € pour les enfants.
Elodie FORÊT.