Édition du samedi 19 janvier 2008
La voie royale pour Driss El Himer ?
As hommes. Des Ethiopiens rappelés par leur Fédération, des Kenyans retenus au pays. El Himer pourrait égaler Rousseau au palmarès.
Le record de Noël Tijou ne tient plus qu'à un fil. Fin mars à Laval, un certain Driss El Himer peut effectivement égaler son record de sept titres de champion de France de cross. « Avec six titres, on commence forcément à penser au record, rigole l'athète de l'ASPTT Strasbourg... et même au-delà car j'ai encore un peu de temps ». Le sympathique El Himer n'a finalement que 33 printemps au compteur et toujours l'envie d'un jeune premier. « Après une saison 2007 un peu chaotique, je reviens bien. Depuis fin décembre, je suis resté tranquillement chez moi. En revanche, j'ai vraiment de bonnes sensations à l'entraînement ». Après un premier test au cross de l'Acier (13e au scratch, 1er Français), l'ancien Légionnaire remet ça à Houilles, où il se glisse 6e d'un plateau « digne d'un petit championnat du monde ». « C'est au Mans que je suis né »Cross toujours dimanche. Dans un Bois de l'Epau qu'il n'est pas prêt d'oublier. « Quelque part, c'est au Mans que je suis né. En 1997, alors que je débarquais du Maroc, je parviens à me classer cinquième des As. C'est vraiment là que j'ai commencé à me faire connaître ». Les prémices d'une belle histoire d'amour. « Je me sait très apprécié en Sarthe. Les gens m'encouragent vraiment tout au long de la course. J'adore ça et j'espère qu'il fera beau pour qu'il y ait encore de la joie et de l'ambiance ».Car notre Driss national n'a pas vraiment l'intention de se laisser marcher sur les pointes sur un parcours dont il connaît parfaitement atouts et pièges. « J'aimerais vraiment battre le record de victoires françaises sur ce cross Ouest-France ». Record de deux victoires (1999 et 2003) qu'il « co-détient » avec l'ami Thierry Pantel (1988 et 89). « Ce serait sympa de me mettre au niveau du Belge Vincent Rousseau », seul athlète du palmarès à trois succès (1986, 1991, 1993).Pékin passera par Londres ou RotterdamQue voulez-vous. Les athlètes sont des hommes de chiffres. Et en cette année olympique, les 2h10'30 des minimas olympiques sur marathon trottent déjà dans sa tête. « Un temps accessible car j'ai déjà réalisé beaucoup mieux par le passé ». Exact. A commencer par son record sur la distance mythique (2h06'48) de 2003. En revanche, aucun « chrono baromètre » à se mettre sous la dent l'an passé. « Hélas. Aussi bien à Paris qu'à Berlin, j'ai dû abandonner sur blessure ». Une déchirure de l'aponévrose l'obligeant à jeter l'éponge au 10e kilomètre en avril puis au 34e en septembre. « Quand le corps dit stop, il n'y a rien à faire... »En revanche, le multiple champion d'Europe de cross par équipes compte bien arriver au sommet de sa forme le 13 avril prochain. Date où il jouera son ticket pour Pékin. « A Londres ou à Rotterdam, mon choix n'est pas encore arrêté... ». 68e du marathon olympique d'Athènes en 2004, Driss El Himer veut au moins se donner la chance de faire mieux dans la capitale chinoise, où le départ des 42,195km sera donné de la place Tiananmen, la plus grande du monde...Philippe PANIGHINI.
Ouest-France