Le Cross du Mans 2008

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Le Cross du Mans 2008

Édition du vendredi 18 janvier 2008

Le Cross Ouest-France boudé par l'élite régionale

Régionaux. Hormis Moreau et Serbouti, l'élite ligérienne ne sera pas au Ouest-France, ce dimanche. Explications logiques, tactiques et épisodiques.

Les absents ont toujours tort... Mais à écouter ceux qui font l'élite du cross des Pays-de-la-Loire, ils ont des raisons pour ne pas être présents, ce dimanche, au Ouest-France. A commencer par les espoirs de la discipline : Guillaume Riobé (21 ans) et Wilfried Mosta (22 ans), champions départementaux en Maine-et-Loire et en Vendée, dimanche dernier. « On ne peut pas tout faire et ma priorité, c'est mon concours pour devenir professeur d'EPS, début février, explique le Saint-Sylvanais. Et puis, il y a aussi les Régionaux... » Un rendez-vous également programmé en Sarthe, à Spay, le 3 février prochain. Bref, la « concurrence » n'est pas seulement que dans les champs de cross...

Trop jeune pour ce type de course...

Le Yonnais Wilfried Mosta, impressionnant de facilité aux Herbiers, aurait bien voulu étalonner sa foulée sur le parcours manceau. Histoire de confronter sa 34e place des Europe espoirs face aux meilleurs seniors français. « Le cross du Mans a été un objectif, explique-t-il. Mais faire 30 dans un cross aussi relevé ne va rien m'apporter. Le Ouest-France, c'est une épreuve internationale et je suis encore trop jeune pour ce type de course. Je me connais, si je fais cette course, je vais tout donner et prendre une « claque ». Même si je suis fort en ce moment - il court comme un courant d'air frais, ndlr - je sors des Europe et je ne veux pas me cramer. Je préfère me préserver pour les régionaux et optimiser ma préparation pour les France. » Des Nationaux qui auront lieu à Laval, le 2 mars.

Une épreuve d'expérience

Autre champion départemental absent, et non des moindres : Philippe Paillat (26 ans). International sur cross court en 2005 (122e aux Mondiaux), le néo-Sarthois parle avant tout d'humilité lorsqu'il évoque le Ouest-France. « Avec un peu plus d'expérience, je pourrais le faire, mais un cross long de plus sur un programme qui en compte déjà quatre, cela fait beaucoup, souligne Philippe Paillat. C'est plus un programme de coureur sur route... Je rappelle que je viens du 1 500 mètres et être dans les 40 dans un tel cross, c'est vraiment dur à accepter. De plus, je suis quelqu'un qui court sur la fraîcheur. Enfin, je dispute un 3 000 m, à Mondeville, le 26 janvier. Pour moi, c'est un petit rappel pour mon pied de pistard, car cette année, je compte faire du 5 000 m. »

L'effet double grille

Alors que le Breton Fabrice Jaouen (hors de forme) et que le Normand Loïc Letellier (calendrier trop chargé) ont également décliné l'invitation, le Vendéen Julien Moreau sera au départ pour la 3e année consécutive. Une Vendée qui se déplace en force avec le Sévrien Sébastien Couton et les Sablais Kaïs Bouziane et Christian Yago. Sans nul doute l'effet double grille... « Ces primes pour les régionaux, c'est toujours intéressant, reconnaît Julien Moreau. C'est aussi pour cela qu'il y a toujours un super plateau de Français au Ouest-France. Comme il n'y a moins de concurrence qu'en novembre, ce n'est plus une question d'aller au plus offrant, mais le fait de courir une épreuve de prestige : le premier cross de France. » D'ailleurs, le Yonnais n'hésite pas au moment de souligner ses classements manceaux : « 31e en 2006 et 39e l'an passé ».

Ouest-France : un cross spectacle

Contrairement aux Riobé, Mosta et Paillat, sans oublier le Mayennais Benoît Charpentier, Julien Moreau vient au Mans pour se situer vis à vis de l'élite française. « S'il y a deux ans, j'avais ciblé cette épreuve, je ne serais pas forcément au mieux, dimanche, car je viens de faire une grosse séance : 1 000 m, 2 000 m, 1 000 m, 2 000 m et 1 000 m en 2'50 et 5'45, avec 1' et 2' de récup. Reste que tout le monde va être un peu près pareil et cela va nous donner des indices sur notre préparation, même s'il faudra relativiser des choses... »

Des indices qui n'occultent pas le plaisir de courir les championnats de France de façon officieuse. « Le cross Ouest-France est un cross spectacle, poursuit Julien Moreau. Avec le plateau élite, le public, la configuration du site et la répétition des boucles sont les ingrédients de ce spectacle. Franchement, j'aime cette ambiance. Et peut-être que ma prestation me permettra de prendre un ascendant psychologique avant les Régionaux... » Et de démontrer ainsi que l'on peut courir le Ouest-France avec les Régionaux en pointes...

Bruno POIRIER.

Ouest-France

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