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Clément et Aymeric ont fondé Les Abobinables sur le campus de l'université du Maine. Une vingtaine d'étudiants issus de l'Ensim et des facs de lettres et de droit participent, ponctuellement ou régulièrement, à l'organisation des projections. Les Abobinables ressemblent presque, aujourd'hui, à l'idéal qu'ils s'étaient imaginés. Cinq projections à l'affiche durant l'année universitaire. Une soixantaine de spectateurs à chaque fois. Un tarif plus qu'abordable (2 €, la séance, 5 € forfait annuel). Des films projetés en 35 mm par un vrai projectionniste. « Mais on aura mis un an pour avoir une salle et un vrai film ! » La salle ? Un amphi de la fac de lettres.
L'association, créée en février 2007, a connu des mois de galère. Les subventions se faisaient rares. Et les droits de diffusion beaucoup plus élevés que prévu. « Rien que pour un DVD, c'était entre 250 et 300 €, pour une projection unique ! » Le service jeunesse de la Ville leur vient en aide. « Cette année, on nous prête le projectionniste et le projecteur, pour nous lancer. Ensuite, on devra se débrouiller par nous-mêmes. »
Le cinéma « Les Cinéastes » commande les copies des films et les reçoit. Et leur a même proposé de collaborer pour certains festivals de films, en organisant des projections sur le campus. « On sent qu'en ville, les gens ont envie de se rapprocher de l'université, de faire descendre les étudiants vers le centre et inversement. »
Depuis la rentrée, les cinéphiles ont opté pour La Grande bouffe de Marco Ferreri et Reservoir dogs de Quentin Tarantino. À chaque fois un intervenant commente le film. « On voulait surtout animer un débat après le film, mais on s'est rendu compte qu'il fallait expliquer les images. À la fin de la Grande Bouffe, les gens étaient un peu dégoûtés, il a fallu les convaincre... » Un bar est posté dans le hall froid de l'amphi Mersenne les soirs de projection. Des animations musicales complètent souvent le tableau.
Pour le prochain film, Fahrenheit 451, Les Abobinables ont invité des slammeurs et un griot africain, Alpha Zayos. « Le film parle des livres que les gens se transmettent de génération en génération. Les artistes prolongent le thème de la transmission des savoirs, mais cette fois par la voix. »
Estelle JOLIVET.
(1) École nationale supérieure d'ingénieurs du Mans
Pratique : Projections à venir ouvertes à tous : mercredi 2 avril, Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966). Mercredi 7 mai, Brazil de Terry Gilliam (1985). Une soirée électro est programmée pour le 12 juin. Rendez-vous à 19 h dans l'amphi Marin-Mersenne (fac de lettres) de l'université du Maine. Tarif : 2 € la séance. Contact : www.myspace.com/les_abobinables et abobinables@hotmail.fr
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