Édition du vendredi 30 mai 2008
Le circuit a changé de siècle à coups de millions
Propriétaires du circuit, les collectivités locales ont largement rénové le circuit. Dans « l'intérêt supérieur » des 24 Heures.
Et dire que les 24 Heures auto ont failli mourir... Souvenez-vous ! Dans les années 90, c'est la guerre ouverte entre le Département et l'Automobile-Club de l'Ouest. Étranglé financièrement, l'ACO a dû partager le pouvoir avec les collectivités locales au sein de deux sociétés d'économie mixte, l'une propriétaire du circuit et l'autre gestionnaire des courses. L'attelage tangue furieusement quand il s'agit de répartir recettes et dépenses... On ne se parle que par avocats interposés ; on compte les points au tribunal.
Pour sauver la mythique course, les protagonistes sont cependant condamnés à s'entendre. La paix est signée début 2001. À la clé : une répartition beaucoup plus claire des rôles. Le circuit devient propriété exclusive des collectivités, réunies au sein du syndicat mixte du circuit les 24 Heures : 50 % des parts vont au Département, 25 % à la Région, 15 % à Le Mans Métropole et 10 % à la ville du Mans. L'ACO devient le locataire exclusif des lieux. Il se concentre sur ce qu'il sait très bien faire : l'organisation des courses.
Sept ans plus tard, le locataire n'a pas à se plaindre de son bailleur. Un village et des virages tout neufs (La Chapelle, Dunlop, Tertre-Rouge, Garage Vert), des stands agrandis et rénovés, une nouvelle entrée en face du terminus du tramway, des pistes d'entraînement au pilotage... En l'espace de quelques années, les propriétaires ont investi quelque 40 millions d'euros d'argent public dans le mythique circuit.
Rien que ces douze derniers, trois gros chantiers ont été menés. Du côté de Maison Blanche, à côté du Bugatti, l'ACO a obtenu la construction de nouvelles pistes de pilotage pour son école. Du côté du Garage Vert, le virage a été entièrement réaménagé pour répondre aux exigences de sécurité imposée par la fédération moto internationale, tandis qu'une nouvelle entrée a été construite, juste en face du terminus du tramway. Enfin, le village déjà largement rénové en 2006 dispose désormais d'un nouveau Welcome : le vieux restau a laissé la place à un établissement VIP capable de servir 1 000 couverts et doté d'une terrasse de 700 m2 avec vue imprenable sur la ligne droite des stands. Chaque opération a coûté entre 3 et 5 millions d'euros.
Trop cher, hurlent les allergiques à la compétition auto, qui relèvent que l'ACO loue le circuit pour « seulement » 2 millions d'euros par an. Une bonne affaire, rétorquent les fans des 24 Heures qui s'appuient sur les 80 millions d'euros de retombées économiques que génère le circuit.
Ouest-France