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L'association d'actions de formation et d'insertion (Agafi) est installée dans l'enceinte du CE Renault, rue du Spoutnik. L'association assure des ateliers d'alphabétisation, d'orientation professionnelle. Tout est parti semble-t-il d'un signalement il y a quelques mois à l'inspection du travail. Des salariés se plaignaient de « souffrance dans leur travail ». Une inspectrice est venue enquêter et a rendu son rapport. Où il est question « de harcèlement moral et d'insultes » de la part du directeur vis-à-vis de certains salariés. « Je me suis aussitôt démis de mes fonctions, explique Bruno Girard. Si ces faits étaient avérés, cela signifiait mon licenciement pour faute grave ».
Début juillet, les membres du conseil d'administration de l'Agafi ont organisé des entretiens individuels avec chacun des salariés afin de « vérifier la véracité des accusations ». Selon le conseil d'administration, elles n'ont pas été confirmées et le directeur a retrouvé son poste.
Vendredi, cinq salariés ont reçu une lettre recommandée leur signifiant leur convocation à un entretien individuel. Deux d'entre eux ont fait l'objet d'une mise à pied immédiate. Pour les trois autres, « l'éventualité de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'à un licenciement est évoquée ».
« C'est la violence de la procédure qui nous révolte ! témoigne une des salariées. Surtout qu'on en ignore la raison. Le conseil d'administration n'a pas voulu donner d'explications ». Des explications ? « Ce serait illégal de la part de l'employeur d'évoquer avec les salariés et même des représentants du personnel des cas individuels », rétorque le directeur.
Après une matinée passée sur le parking de l'Agafi, les salariés ont repris leur poste. « Mais il y a beaucoup de tension et le climat est très lourd. Nous attendons maintenant de savoir ce qui sera dit, mardi prochain, à nos collègues lors de leur entretien ».
Laurence PICOLO.