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Devant leur terrain d'Arnage où ils doivent désormais enlever leur mobil-home, Grégory De Meulemester et ses trois enfants scolarisés depuis des années dans la commune. Issue de la communauté des gens du voyage, la famille a acquis ce terrain de 500 m2 un an plus tôt. Grégory, Ludivine et leurs trois enfants espéraient ainsi poursuivre tranquillement leur vie sédentaire entamée quelques années plus tôt dans une maison située dans la même commune. Erreur ! Deux ans après leur installation sur le chemin du Bordage, ils sont obligés de plier bagages. Et de reprendre la vie en caravane. Pas évident alors que les trois enfants du couple suivent une scolarité régulière à l'école primaire de la commune.
Commerçant ambulant sur les marchés, Grégory De Meulemester raconte : « On a d'abord eu un accord verbal pour installer un mobil-home disposant de roues. J'ai nettoyé le terrain et dépensé 4 000 € pour mettre aux normes le raccordement au réseau d'égouts. J'ai installé l'électricité. Tout allait bien jusqu'au jour où j'ai été convoqué à la gendarmerie. »
Philosophes
Il découvre alors que la mairie a porté plainte contre lui. Son terrain serait classé dans une zone ne donnant pas droit à l'implantation d'un mobil-home plus de 3 mois par an. C'est la tuile. Devant le tribunal correctionnel devant lequel l'affaire est jugée, le 13 février dernier, Me Gautier, leur conseil, s'étonne de cette « entreprise de démolition menée contre cette famille. On dépense beaucoup d'argent pour les terrains des gens du voyage, note l'avocat. Là, ils ne demandent rien à personne. Leurs trois enfants vont à l'école. Cette histoire pose un problème humain évident », conclut-il en appelant le tribunal à « une issue élégante ». La décision judiciaire est tombée le 27 février : la famille devra avoir enlevé le mobil-home avant le 27 mai.
« Ça sert à rien de se tracasser. On ne peut rien y faire. C'est vrai qu'ici, on était bien. Surtout pour les gamins, résume le papa qui a racheté une grande caravane pour reprendre la route en famille. Son idée : rester à Arnage pour ne pas briser la scolarité des enfants. La solution : changer de site tous les trois mois. Entre leur terrain et celui de leurs proches. « Pour les enfants, ça fera comme des vacances », philosophe l'homme.
Igor BONNET.
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