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Salauds de chômeurs, tous délinquants ! De quoi faire rugir les communistes de l'époque ? Même pas. Le lendemain de la manif, la fédération sarthoise du Parti communiste dénonce très officiellement « ceux qui, sous le couvert d'une phraséologie dite « révolutionnaire » n'ont d'autre but que de provoquer et d'entraîner au pillage et à l'émeute. En dénigrant les syndicats et le Parti communiste, ces éléments entraînent et abusent quelques travailleurs révoltés par la misère et quelques jeunes, qui, avec raison, n'acceptent pas d'être des chômeurs avant d'avoir travaillé. »
Autres temps, autres moeurs. « Les étudiants, ouvriers et paysans main dans la main en 68, c'est du pipeau, commente Jacky Beaufils, quarante ans après les faits. Les gens manifestaient ensemble, mais après les cortèges, c'étaient chacun pour soi. Même choses pour les revendications, qui ont été idéalisées par la suite. En 68, c'est pour l'augmentation des salaires, la défense de la sécurité sociale ou l'autonomie des universités qu'on descendait dans la rue. Pas pour refaire le monde. »