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vendredi 28 mars 2008

Les mille et une vies de Bérangère Allaux

Bérangère Allaux fait partie du jury longs-métrages ce week-end au festival Mamers en mars.  Bérangère Allaux fait partie du jury longs-métrages ce week-end au festival Mamers en mars.

La jeune comédienne, pleine de vie et d'envies, fait partie du jury longs-métrages de Mamers en mars qui s'ouvre aujourd'hui. Rencontre.

Petite, vous rêviez déjà de devenir comédienne ?

J'avais envie de vivre plein de vies, d'entrer dans les livres. Mais je ne pensais pas forcément devenir comédienne. Je rêvais d'être aventurière ou danseuse classique. Des choses comme ça...

Par quelle école êtes-vous passée ?

J'ai préparé des concours et j'ai été prise au conservatoire et au Théâtre national de Strasbourg. J'ai choisi le TNS. Ensuite, j'ai fait un an à la Royal academy school of art à Londres. Et après, il faut vivre de ce métier... Ce qui est le plus difficile.

Le quotidien d'un acteur d'aujourd'hui, c'est quoi ?

C'est porter sa foi à bout de bras ! C'est se battre d'une manière très concrète et ne pas se laisser angoisser par des choses qui n'en valent pas le coup. Il y a beaucoup de jeunes extraordinaires. Mais ce n'est pas forcément eux qu'on voit. Je trouve que le système français ne laisse pas beaucoup de place à l'imagination et aux vrais talents. C'est un système assez consanguin. On voit toujours les mêmes têtes. Ceci dit, il y a de très grands acteurs en France.

Vous avez commencé votre jeune carrière avec Godard, en 1996, dans For Ever Mozart...

C'était mon premier film ! J'étais ado. Je jouais une actrice qu'on tire d'un charnier de Sarajevo et qu'on projette devant une caméra. J'étais filmée comme un animal. C'était extrêmement fort, dense et rare. J'ai eu de la chance, pour une première fois au cinéma, d'être avec un maître extrêmement brillant !

A vos débuts, vous pensiez plus au cinéma ou au théâtre ?

Ce que je voulais avant tout c'était jouer. Je sais qu'en France tout le monde dit que le théâtre et le cinéma sont très différents. C'est vrai qu'au théâtre on remet son travail en question tous les soirs au contact du public. Mais une équipe de tournage, c'est aussi un public. Moi, je ne fais pas tellement de différences entre le théâtre et le cinéma.

Avez-vous un acteur ou une actrice fétiche ?

Plein ! Katharine Hepburn, Greta Garbo, Meryl Streep... Aujourd'hui, je suis fascinée par le travail de Tilda Swinton. J'aime beaucoup les « grands acteurs ». Pas les nymphettes qui font un petit rôle sexy et tout le monde trouve ça génial.

Peut-on lier des liens forts sur un tournage ?

Oui, on peut. Ils peuvent être très forts sur le moment. Uniques. Pas forcément pérennes.

En tournage, faites-vous la distinction entre le jeu et les émotions qui vous appartiennent ; lorsque vous jouez l'amour ou la colère touchez-vous à ces sentiments-là au fond de vous ?

Je ne sais pas... Je crois qu'on fait la part des choses. Mais quand on a un très grand rôle à défendre comme celui de Daniel Day-Lewis dans There will be blood, avec un an de préparation, on est forcément profondément entamé à l'intérieur. J'adorerais défendre des très grands rôles comme ça. Ça doit être difficile de faire la part des choses mais j'aime bien les gens qui sont sur le fil du rasoir. C'est passionnant !

Propos recueillis par

Olivier RENAULT.

• Bérangère Allaux a joué, entre autres, dans For Ever Mozart, Le bel hiver, Rue des plaisirs, Pas sur la bouche, Le petit lieutenant. Elle est à l'affiche également de 24 mesures de Jalil Lespert.

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