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Le tramway au Mans

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Édition du jeudi 24 avril 2008

Les parcs relais du tramway attendent les autos

Ils ont été ouverts dans la foulée de l'inauguration du tramway. Antarès décolle, mais l'Université et l'Espal peinent à attirer les automobilistes.

Jean-Michel peut se sentir bien seul parfois. L'agent d'accueil du parking de l'Espal règne sans partage sur un parking de 117 places. Mais ce dernier reste désespérément vide. Ce matin, quatre véhicules sont nonchalamment garés sur le bitume flambant neuf. « Ça ne fait que trois voitures si on ne compte pas la mienne », se désole Jean-Michel. « On n'est même pas à 10 véhicules par jour, constate, amer, Christophe Couture, le responsable marketing de la Setram. En Mars, on a tourné à cinq-six voitures par jour ».

Après la griserie de l'inauguration du tramway, c'est la gueule de bois. Car si le parking d'Antarès affiche un taux d'occupation correct (45-50 %), les parkings de l'Université et de l'Espal peinent, eux, à attirer les automobilistes. « Il y a un manque d'informations, juge Jean-Michel. Celui qui n'est pas au courant, il ne le voit pas ». « C'est un problème d'indication », renchérit Didier, agent d'accueil au parking de l'université, 58 places pour l'instant, 250 à la mi-mai une fois les travaux achevés. « On essaye de travailler sur la signalétique », conclut Christophe Couture. Elle devrait être renforcée au niveau de la route de Paris pour le parking de l'Espal.

Des parkings peu visibles

Peu visibles, encore en chantier et mal indiqués : ce sont les raisons avancées à la mairie pour expliquer les fortunes diverses des parkings. « Il faut rendre les parkings lisibles et accessibles, annonce Jean-Claude Boulard. Mais l'idée de laisser sa voiture en périphérie, c'est une idée ancrée ». Exemple avec le parking de l'hôpital, bondé. « Cela prouve que les personnes ont saisi le truc, se garer facile à proximité même d'une station », se félicite la mairie.

Les parkings relais sont gratuits pour les abonnés de la Setram. Mais le sait-on ? Économiques (3,60 € avec titre(s) de transport), ces parcs souffrent de la concurrence du stationnement dans le centre-ville (6 000 places). Pourquoi s'arrêter en bout de ligne quand on peut se garer, souvent gratuitement, en plein centre ? L'aspirateur à voitures marche à fond : difficile dans le même temps d'inciter les automobilistes à lâcher leur voiture aux portes de la ville. Deuxième challenger, le stationnement sauvage. Le problème se pose de manière aiguë à la station Université : les terrains vagues et les parkings de Cityglace et de Jim & Jump sont pris d'assaut par les automobilistes.

« Ce matin, j'ai une personne qui est venue pour la première fois, pointe Didier. Avant, elle se garait près de la patinoire. Elle a eu un petit mot indiquant que c'était interdit ». La Setram a fini par installer des plots le long des voies, juste devant la station : les automobilistes se garaient au plus près de l'arrêt. « Il faut donner du temps, se défend le maire. Dans deux-trois ans, tous ces espaces seront urbanisés. Le prix du carburant est également un facteur de régulation ».

Gabriel THIERRY.

Ouest-France

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