Dossier

Les municipales dans votre ville

Édition du mardi 04 mars 2008

Les propositions des candidats sur la place des piétons.

« La chasse à l'auto ne doit pas être radicale »

Dominique Fanal (MoDem).La tête de liste du MoDem n'est « pas contre la piétonnisation du centre-ville » pour une question de « logique »... même s'il n'est pas pour non plus ! « On a beaucoup insisté sur le bilan carbone et le développement durable dans le cadre de notre campagne, explique Dominique Fanal. On ne peut donc pas dire qu'on est pour les voitures en centre-ville. Par contre, on n'est pas pour une piétonnisation aussi radicale que celle qui est proposée. » Pourquoi ? « Les gens aiment, les commerçants beaucoup moins. Si on fait de tout le centre-ville une zone piétonne, il va y avoir des commerces qui vont fermer. Ça c'est sûr. » Dominique Fanal trouve également « un peu excessif le sentiment anti-auto » qu'il voit se développer au Mans. « Dans la ville de Renault et des 24 heures, cette chasse à l'auto énerve. Un centre-ville piéton, d'accord, mais à condition que les automobilistes qui ont quelque chose à y faire puissent venir en voiture et s'y arrêter quelques minutes. Le fait que ce soit complètement fermé avec des plots, c'est trop. »



« On commencera par le haut de la rue du Port »

Jean-Claude Boulard (PS).Le maire sortant s'engage à rattraper son retard dès 2008, en commençant par « la piétonnisation du haut de la rue du Port, qui est acquise ». Il confirme également la création d'un grand plateau piéton, étendu « de la rue des Minimes aux Jacobins », mais qui se fera « progressivement » et « en concertation avec les riverains ». C'est désormais possible « grâce au tramway, qui a ramené les gens en centre-ville. Les samedis après-midi, quand on voit le monde sur la place de la République, c'est formidable. » La réfection de la rue des Minimes est également proposée par le candidat Boulard, qui considère que « les commerçants sont aujourd'hui demandeurs ». Autre point sur lequel la tête de liste s'est engagée, notamment auprès des membres de l'association Nous les piétons : « Vérifier les largeurs de trottoirs dans certains secteurs, en allant regarder si on peut y passer en fauteuil roulant. » Cette démarche permettrait de pointer les endroits où la largeur des trottoirs (qui ne doit pas être inférieure à 1,40 m) est insuffisante et entreprendre les travaux nécessaires.

« Les gens habitent rarement là où ils travaillent »

Yves Cheere (LO).La création d'un plateau piéton au centre-ville du Mans ? « Pourquoi pas, propose Yves Cheere, mais à condition de ne pas oublier que les gens habitent rarement là où ils travaillent. » Quel rapport avec le sujet ? « Il faut des transports collectifs gratuits et une large desserte pour se rendre dans un coeur de ville piéton, répond le candidat Lutte Ouvrière. Et que les gens puissent laisser leurs voitures aux abords de ce secteur sans se faire racketter au niveau du stationnement. S'il y a des places de parking gratuites à disposition, d'accord. »

« Créer un réseau piéton pour se déplacer en ville »

Jean-Pierre Dailly (POI). Le candidat du Parti ouvrier indépendant est partisan de « cheminements sécurisés », mais pas à la création d'une grande zone piétonne qu'il assimile à la transformation du centre-ville du Mans en « zone commerciale ou touristique ». « Il est temps de constituer, au Mans, un réseau piétonnier qui permette de se déplacer d'un point à un autre de la ville en toute sécurité, ce qui signifie la création d'un réseau aménagé et physiquement séparé des voitures et des pistes cyclables », précise Jean-Pierre Dailly. Il considère par ailleurs que « le centre-ville et ses services doivent rester accessibles à tous, ce qui pose la question de son accès et donc des parkings périphériques qui doivent l'enserrer ». Il voudrait que ces parkings soient gratuits et complétés par la création d'un réseau de minibus, gratuits également, pour le transport des personnes à mobilité réduite.

«Faire des secteurs piétonniers des lieux de vie»

Frédéric Madelin (LCR). Le candidat de la LCR voudrait que les secteurs piétonniers du Mans deviennent « des lieux de vie, où les gens puissent se promener sans voitures et sans dangers ». Frédéric Madelin pense que c'est faisable rapidement, « en fermant les voies de circulation du coeur de ville et les parkings de la place du Jet d'eau, de la place des Jacobins et de la place d'Alger. Ce sont des mesures qui coûtent peu d'argent et qui pourraient être facilement prises dans les dix premiers mois d'un nouveau mandat. Si ça n'a pas été fait, c'est par manque de courage politique. » Comment le candidat gérerait-il la grogne des commerçants? « Les rues les plus commerçantes ne sont pas celles où il y a des voitures, répond-il simplement. Si on transforme les rues piétonnes en y refaisant les trottoirs, en y plantant des arbres et en y proposant des animations, on en fera des lieux de promenades agréables, où les gens viendront. Au lieu de ça, aujourd'hui, la rue des Minimes, c'est Beyrouth ! »

« La piétonnisation ne peut pas se décréter »

Véronique Rivron (UMP). La piétonnisation des centres-villes ? « Toutes les villes vont y venir, mais ça ne peut pas se décréter. Il faut refaire les terrasses et les trottoirs, il faut instaurer l'enfouissement des déchets dans les secteurs qu'on veut piétonniser. Les choses ne peuvent pas se faire au coup par coup, il faut avoir un projet d'ensemble. » Ce qui n'est pas le cas, de l'avis de Véronique Rivron, de la municipalité sortante. La candidate UMP, elle, propose la création d'une « vraie agence d'urbanisme » au Mans, à l'instar de celles qui existent depuis des années dans la plupart des grandes villes de France. Une agence composée de professionnels (urbanistes, architectes, sociologues...) qui seraient chargés de réfléchir au devenir de la ville sur le long terme. Et d'esquisser une piétonnisation du centre-ville « réfléchie et sensée, permettant la cohabitation des vélos, des voitures et des piétons ». Forte des conseils de professionnels, Véronique Rivron serait prête à réaliser une piétonnisation très large du coeur de ville, englobant « rue des Minimes, boulevard Levasseur, rue du Port, rue du docteur Leroy, place d'Alger, le haut de la rue Gambetta jusqu'à la place de l'Eperon... » Mais sans piétonnisation de la rue de Bolton et de la rue Victor-Bonhommet, qu'elle voudrait « mettre en zone 30 ».
Ouest-France

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