Jean-Pierre Dailly (PT) veut « un stationnement gratuit avec rétablissement des zones bleues » et « la remunicipalisation des parkings » qui sont gérés soit par des sociétés d'économie mixte (Sopam) soit à des sociétés privées (Vinci...) ». Sauf que le seul parking privé du Mans (gare nord) est géré par Effia (filiale SNCF) et que la Sopam (les huit parkings souterrains du Mans) est sous contrôle de la ville qui en fixe les tarifs... Le candidat dénonce des prix d'abonnements trop élevés pour les salariés qui doivent se rendre en ville ou à la gare pour leur travail. « On aurait pu espérer que les parkings en bout de ligne de tramway soient gratuits. Une telle mesure aurait incité à prendre les transports en commun. Il n'en est rien. De plus, les capacités des parkings vont être rapidement insuffisantes. »
Dominique Fanal (MoDem), qui revendique « de ne jamais payer pour stationner », est favorable à « la suppression des horodateurs » et à « la mise en place d'une zone bleue », un stationnement gratuit limité dans le temps grâce à un disque. Confrontées à l'inflation du parc automobile, toutes les grandes villes ont abandonné cette solution qui nécessite, pour qu'elle marche, une forte surveillance et une verbalisation sans faille des contrevenants. « Des villes comme Lorient et Montpellier réintroduisent la zone bleue et cela marche », assure Dominique Fanal. « On peut être favorable à la piétonnisation sans être intégriste. On doit pouvoir venir en auto au Mans. Des commerçants me le disent : les horodateurs sur la place des Jacobins, ça empêche de faire ses courses. » Les voitures ventouses sur les parkings gratuits aussi.
Thomas Hubert (LO), en 5e position sur la liste conduite par Yves Cheere, considère le stationnement payant comme « un racket des gens qui viennent travailler ou même se promener en ville ». Pour Lutte ouvrière, le rôle d'une municipalité est de construire des parkings gratuits, « sinon seuls les riches peuvent payer leur stationnement ». Mais pour éviter la thrombose automobile en centre-ville? « Il faut des transports en commun gratuits bien sûr, qui desservent correctement les quartiers populaires. »
Véronique Rivron (UMP) a pour ambition « d'accompagner les Manceaux dans leur changement de comportement » vis-à-vis de la voiture. « Le stationnement en souterrain doit être privilégié. Toutes ces voitures devant la cathédrale, sur la place et le Quinconce des Jacobins, ce n'est pas à la hauteur de ce lieu prestigieux. » En complément de la construction de parkings relais aux entrées de la ville, la candidate estime qu'il « faut réfléchir à l'instauration de tarifs riverains ». En clair: étendre le stationnement payant en surface. Idée originale: elle propose d'expérimenter un système innovant qui permet, comme dans le centre de Tourcoing, de stationner une demi-heure gratuitement à l'intérieur d'un petit périmètre. « En cas de dépassement, un système de bornes et d'alerte par SMS informe l'usager et la police municipale que l'automobiliste va être verbalisé. C'est l'idéal pour rendre les commerces accessibles. » Véronique Rivron entend également mettre fin au stationnement alterné dans les petites rues, pas digne d'une grande ville: « Bien sûr en liaison avec les habitants et les conseils de quartier. »
Jean-Claude Boulard (PS) entend « poursuivre la politique » de lutte contre les voitures ventouses, en favorisant la rotation du stationnement en surface. Comment ? « Il faut continuer de valoriser les parkings souterrains et il faut développer les parkings relais aux entrées de la ville. » Selon le maire sortant, on assiste à une « évolution culturelle des comportements » avec de nombreux automobilistes qui laissent leur voiture à Antarès pour monter dans le tram. Prudent, il veut « réfléchir avec les habitants » à la question du tarif préférentiel pour les riverains. En clair : étendre le stationnement payant de surface, notamment autour de la gare, un gros point noir. « On l'a fait dans le Vieux-Mans. Au début, ça criait. Aujourd'hui, pas un riverain ne veut revenir en arrière... » Jean-Claude Boulard a signé un accord avec les Verts pour ne pas créer davantage de places de stationnement en centre-ville. Conséquence : si le parking souterrain du futur multiplexe des Jacobins voit le jour, la place sera, elle, rendu aux piétons. En revanche, pas question de toucher à la gratuité du Quinconce : « Cela fait partie de l'histoire de la ville et on ne peut pas aller contre. » Tant pis si l'aspirateur à voitures est en totale contradiction avec la valorisation des transports en commun. Enfin, le candidat annonce la fin du laxisme en matière de verbalisation pour dépassement du temps de stationnement. À voir...
Frédéric Madelin (LCR) veut dire stop au « lobby de la voiture » qui pèse sur la ville. « On ne peut pas avoir un tram et continuer la même politique qu'avant. C'est pourtant ce que fait Jean-Claude Boulard. » Le candidat de la liste Radicalement à gauche estime qu'il y a trop de parkings en centre-ville : « Il faut rendre aux piétons les places d'Alger et des Jacobins en dégageant les voitures. Toutes ces bagnoles devant la cathédrale, c'est ultra-moche. » Frédéric Madelin préconise la construction de parkings relais aux entrées de la ville « qui seraient gratuits en étant couplés avec un abonnement Setram » pour inciter les automobilistes à utiliser les transports en commun. Mais, et c'est un peu contradictoire, il est opposé à l'extension du stationnement payant car « les riches auront toujours les moyens de payer et pas les autres. » Enfin, il souhaite un tarif préférentiel pour les riverains en centre-ville.