Baby-sitting









Grégory Provost vient de trouver une vipère aspic. Vigilant, il maîtrise l'animal qui est ensuite pesé, mesuré, tatoué puis relâché. Je fais également la connaissance d'une couleuvre à collier, méconnue des gardes natures. On est sûrs que, pour l'instant, une soixantaine rampe dans les hautes herbes du domaine... Puisqu'elle est inoffensive, elle se défend grâce à un liquide affreusement nauséabond, fait d'excrément et d'ammoniaque.
Au cours de mon périple ni la quarantaine de coronelles, ni mesdames les esculops (des couleuvres), qui ne sont que quatre à avoir côtoyé le garde nature, ne se sont présentées à moi. Je reviens les jambes griffées par les ronces et ravie du périple. Grégory, lui, a capturé une poignée de reptiles, qu'il va emmener dans son labo.
Casser l'image du méchant serpent !
L'Arche de la nature est le deuxième site d'étude sur les serpents en France, Depuis 2005, elle travaille en collaboration avec le premier, le CNRS de Chizé dans les Deux-Sèvres. L'étude va durer encore deux ans et servira à montrer (ou pas...) le rôle écologique des haies sur cette population de reptiles. Le domaine est unique en son genre : c'est le seul site d'étude en France où serpents et humains cohabitent. Tous les ans, 500 000 visiteurs foulent les lieux. Grégory Provost espère « casser la mauvaise image que les gens ont des serpents ». Pourtant, l'animal n'est pas agressif, il est même craintif. Il attaque seulement quand il se sent menacé (lire ci-dessous).
Pour mener l'étude, l'Arche de la nature s'est inspirée d'une méthode inventée par Xavier Bonnet, chercheur du CNRS de Chizé : une soixantaine de plaques en fibrociment équipées d'un système de détection est disposée stratégiquement dans tout le domaine. Des plaques sous lesquelles les serpents, friands de chaleur, se glissent volontiers.
Quatre espèces de serpents (1) sur la douzaine qui existe en France ont été recensées sur le site périurbain près de Changé. Seule une, sur le site sarthois, est venimeuse : ma première rencontre, la vipère aspic. Grégory a recensé 256 serpents en tout, pour l'instant, à l'Arche de la nature.
Une fois délicatement capturées, les bestioles sont mesurées, pesées, tatouées, puis relâchées. « Le taux de recapture est de 25 % », précise Grégory.
Pratique. Arche de la Nature, près de l'Abbaye de l'Épau. Contact. 02 43 50 38 45. Site : archedelanature@arche-nature.org/
Nora FADLAOUI.
(1) Vipère aspic, couleuvre à collier, coronelle, esculop.