Baby-sitting









En haut, sur fond bleu, on choisit le futur maire. En bas, sur fond jaune clair, le futur conseiller général de son canton. Sur la même machine. De quoi on parle, au juste ? De la tenue simultanée, les 9 et 16 mars prochains, de deux élections différentes. Ces deux dimanches, au Mans, on votera pour choisir le futur maire et, dans 47 des 97 bureaux de vote que compte la ville, pour élire quatre nouveaux conseillers généraux (lire ci-dessous). Résultat ? Dans 50 bureaux de vote, les électeurs se retrouveront face à des machines à voter qui leur proposeront un choix de six noms de listes et candidats. C'est ce que Marie-Jo Rétif appelle « le vote simple ». Dans les autres bureaux, à « vote double », les machines proposeront aux électeurs de voter pour les deux scrutins à la fois (municipales et cantonales). « Avec le vote papier, quand on vote pour les deux le même jour, on le fait avec deux urnes différentes, en faisant deux fois la queue, précise Marie-Jo Rétif. Là, les électeurs pourront voter pour les deux élections sur la même machine. »
« Deux scrutins parfaitement séparés »
Comment ? En haut, sur fond bleu ciel, ils auront les noms des listes et des candidats aux municipales. En bas, sur fond jaune clair, les noms des candidats aux cantonales. « On pourra voter dans l'ordre que l'on veut : municipales puis cantonales, ou cantonales puis municipales, précise Laurence Poitou, la directrice du service population, qui chapeaute le bureau des élections. La validation du premier choix permet de passer au second vote. Les deux scrutins sont parfaitement séparés, les machines étant conçues pour gérer jusqu'à cinq scrutins différents. »
Deux élections d'un coup, côté technique, ne devraient donc poser aucun souci. Les ennuis sont plutôt à redouter du côté humain, un nombre non négligeable d'électeurs risquant de buter sur les jaquettes bicolores à deux étages des machines. « Il y a des gens qui vont nous demander ce que c'est que les cantonales, c'est sûr ! » s'inquiète Annie Raguidau, conseillère municipale UMP sortante, membre de la liste de Véronique Rivron, qui surveillera un bureau de « vote double » les 9 et 16 mars. « Si des gens veulent voter aux municipales mais pas aux cantonales, la manip sera compliquée pour nous. Il va falloir rester drôlement concentré... »
Des clients perdus, il y en aura. Mais il y aura aussi tout ce qu'il faut pour les guider. Et, à la clef, un « double effet machine à voter » plutôt sympa pour les candidats : « Dans les villes qui ont déjà testé les scrutins doubles, comme à Brest, on a vu le taux de participation grimper pour les cantonales. » Normal. Puisqu'on est là pour les municipales et qu'on peut participer aux cantonales sans avoir à refaire la queue, pourquoi s'en priver ?
Stéphane VERNAY.