Édition du lundi 28 avril 2008
Ménopause : les conseils de l'Assurance-maladie
Une campagne de la CPAM sur la ménopause a été lancée en février. Point d'orgue mardi soir avec une conférence publique.
Le vieillissement de la population, ça résonne avec problème des retraites, espérance de vie galopante ou encore trou de l'Assurance-maladie. En menant une campagne d'information sur la ménopause, la caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) de la Sarthe souhaite influer sur le comportement des patients. L'idée, c'est qu'ils apprennent à se soigner autrement qu'en dépensant de grosses sommes en médicaments. « Nous prenons le problème du déficit de l'Assurance-maladie en amont » explique Patrick Négaret, directeur de l'assurance-maladie de la Sarthe. Avec, comme maître mot, la pédagogie.
Cette année, la CPAM a décidé de communiquer sur la ménopause. Autour de plusieurs thèmes (les traitements hormonaux, l'alimentation et le bien-être), Patrick Négaret souhaite « informer, rassurer et permettre aux femmes ménopausées de se prendre elles-mêmes en charge ». 400 000 femmes seraient ménopausées chaque année. En Sarthe, difficile d'obtenir des chiffres précis mais, au dernier recensement, 67 000 femmes avaient entre 40 et 59 ans. La ménopause arrive généralement autour de la cinquantaine. Effet de ricochet : autant d'hommes sont concernés (par procuration, certes). En effet, « Les hommes sont les bienvenus aux rendez-vous que nous organisons. En réalité, quand la femme souffre de troubles du sommeil ou de troubles de l'humeur, c'est le couple qui est touché », estime Hélène Templier, responsable de l'espace santé active de l'Assurance-maladie de la Sarthe. Sachant qu'environ une femme sur deux souffre de complications au moment de la ménopause.
Les ateliers-débats étant complets, la campagne de promotion se poursuit jusqu'en juillet (lire ci-dessous) : la CPAM affiche clairement sa satisfaction. Le hic ? Les femmes qui viennent à ces rendez-vous sont, pour la plupart d'entre elles, déjà bien informées. « Elles ne veulent pas ressembler à l'image d'Épinal que l'on a de la ménopause, elles veulent prendre soin d'elles » pense Corinne Gobron, gynécologue. Autrement dit, elles correspondent pleinement au programme. Peut-être un peu trop : l'impact d'une telle campagne de sensibilisation reste à prouver. « Nous comptons sur le bouche à oreille, mais je reconnais les limites du système : on n'a pas les moyens d'aller au-devant des gens, admet Patrick Négaret. Du coup, c'est vrai qu'on accueille essentiellement des femmes particulièrement motivées ». Des femmes qui sont peut-être déjà bien informées, mais qui en redemandent.
Elodie FONT.
Conférence-débat sur « Bien vivre la ménopause ! », mardi soir à 20 h 30 au Palais des congrès et de la culture du Mans. Avec Corinne Gobron, Jean-Louis Fraim et Angélique Houlbert (diététicienne). Entrée libre et gratuite.
Lire aussi l'interview de la gynécologue Corinne Gobron dans Ouest-France du 22 avril.
Ouest-France