Baby-sitting









Claude Michy est un homme aux multiples facettes. : Daniel Fouray.C'est même un homme écouté. Pierre Fillon, un des administrateurs de l'ACO de passage dans son bureau provisoire installé sur le circuit du Mans, le prend en aparté pour échanger. Le sujet restera confidentiel. Il se pourrait qu'il ait été question de Formule 1. Car Claude Michy, maître confiseur de formation, « un jour j'ai décidé de claquer la porte de l'entreprise familiale, je voulais montrer que j'étais capable de faire autre chose » est un touche à tout qui avoue ne posséder « qu'un certificat d'étude primaire obtenu avec piston. C'est rare n'est ce pas ». L'humour n'est jamais bien loin chez cet Auvergnat qui est également président du club de foot de Clermont-Ferrand (Ligue 2). « Je suis tombé dedans à cause de mon ami Francis Graille (ancien président du PSG) ». Rien à voir avec les deux ou quatre temps des bécanes.
« Métier à part »
« La moto, j'y suis un peu venu par hasard. Un jour, j'ai organisé un salon auto-moto avec Patrick Depailler (encore un Auvergnat !), l'ancien pilote de Formule 1. » Le pli était pris. Un de ses sponsors passe. Une diplomate à accréditer. Voiture avec chauffeur, parking. Michy pense à tout, régit tout. Il vous parle, tout en laissant traîner son oreille sur les conversations de son assistante. Le portable n'est jamais bien loin. Les problèmes se démultiplient à l'infini, l'homme se met en quatre, en huit, en douze pour apporter une réponse brève. Le ton reste poli mais vif, tranchant. Claude Michy semble détester l'inactivité et ses supporters. Il le dit lui même, il fait « un métier à part » appartenant « au monde de l'éphémère. J'aime bien tout voir, je me bats contre le ronron, les habitudes. »
Au fil du temps, son volant d'activité s'est élargi. Il a d'abord garanti financièrement des événements puis il s'est mis à acheter des droits. « Ma carrière est une suite de cheminements. À chaque fois, c'est une question d'opportunités. Qui dit opportunité sous entend systématiquement une somme de problèmes ». A l'instinct, il choisit souvent la difficulté, les challenges. Il cite une sorte de parabole sur un alpiniste qui préfère atteindre le sommet et enchaîner plutôt que de rester coincé sur la paroi. Il avoue ne pas avoir de but, de destiné. « Le bonheur, c'est différent d'une destination, c'est un voyage. Il y a des jours où je me fais chier comme un rat mort parce que les gens sont compliqués. »
Claude Michy se sait dérangeant. Il en joue, il en profite. Mandaté par le Conseil général de la Sarthe durant 18 mois à partir de 2001 pour parfaire la modernisation du circuit manceau, il connaît le sujet par coeur. Il a ses idées. Il est favorable à l'implantation du MMArena près du circuit. Il croise parfois le fer avec les gens de l'ACO dont il reconnaît les qualités pour valoriser la piste sarthoise, peut-être un peu moins les à-côtés. « Je suis un immigré au Mans » lâche t-il sans chercher le moins du monde à se justifier. Puis l'homme aux multiples casquettes repart, court, s'active. Un magnétophone à la main pour enregistrer les petits détails qu'il faudra améliorer dans le futur. Claude Michy ou l'histoire d'un homme pressé. « Je n'ai pas le temps je file, ma carrière est en jeu, je suis l'homme médiatique, je suis plus que politique, je vais vite très vite ».
Stéphane BOIS.