Dossier

Les municipales dans votre ville

Édition du samedi 23 février 2008

Où sont passés les arbres du « coeur de ville » ?

Il y a ceux qui veulent replanter à tours de bras et ceux qui trouventque « ça va bien comme ça ». Le sujet « arbres en ville » divise les candidats.

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Comment est perçu Le Mans ? Que proposent les candidats pour améliorer son image ? Nous poursuivons notre série sur les enjeux de la campagne des municipales. Communication mais aussi culture, cadre de vie, transport, logement, sécurité, quartiers : tous ces thèmes seront abordés avec, pour chacun, les propositions des cinq prétendants au poste de maire du Mans.

« Vous avez vu la place de la République ? Attendez un peu cet été. Pour peu qu'on ait du soleil, sans ombre, ce sera terrible. » C'est le dernier refrain à la mode, au Mans. Il fait fureur chez les déçus de la place de la République. Côté couplets, les commentaires vont de « Trop minéral » à « C'était mieux avant » en passant par « Y'a plus d'arbres en ville ».

Plus d'arbres en ville ? La bonne blague ! Le chantier du tramway les a dégommés par paquets de cent, boulevard Zola, avenue Rubillard ou Leclerc. C'est vrai. Pas moins de 1 000 ont été « sacrifiés » le long du tracé. Et plus de 1 300 ont été replantés dans la foulée. Aulnes noirs avenue Georges-Durand. Métaséquoia chinois à Pontlieue. Frênes de Pennsylvanie boulevard Laënnec. Poiriers, pommiers, magnolias et arbres de Judée boulevard Zola. Tilleuls avenue Rubillard. Sophora du Japon avenue Leclerc. Copalmes d'Amérique avenue Jaurès. Cerisiers à fleurs place de la République... Les nouvelles essences ont fleuri partout !

« Ils se verront dans 3 ou 4 ans »

« On a profité du tramway pour diversifier le patrimoine végétal local, explique Vincent Cottet, paysagiste parisien (cabinet Dubus-Richez) et grand architecte du « jardin » du tramway manceau. Le travail qui a été fait, dans la continuité des efforts entrepris depuis dix ans par le service espaces verts de la ville pour renouveler le paysage arboré du Mans, est remarquable. Vous trouverez peu de villes de la taille du Mans dotées d'une telle volonté. »

En clair, les remarques sur le manque d'arbres en ville sont injustifiées (lire aussi ci-contre). Vincent Cottet les comprend pourtant parfaitement. « Elles viennent du fait que les gens ne perçoivent pas les nouveaux arbres. Planter est un investissement à long terme. Les arbres que nous avons choisis sont déjà gros. Plus grands, ils auraient été plus chers, plus difficiles à transporter et plus difficiles à adapter. Mais ils se voient moins qu'un arbre à maturité. Pour percevoir nettement leur présence, il va encore falloir attendre trois ou quatre ans. Le temps qu'ils grossissent. Dans dix ans, il n'y aura pas photo ! »

Y compris place de la République, où, malgré les apparences, « une quinzaine d'arbres ont été plantés en pleine terre pour former un vrai rideau arboré ». Parmi eux, « deux grands arbres devant le Monoprix grimperont jusqu'à 15 mètres de haut ». Sans compter la présence de « 30 à 50 bacs » agrémentés de pins taillés et autres essences, qui changeront en fonction des saisons. Le tout est promesse d'ombre, d'oiseaux, de pétales et de parfums d'été aux beaux jours. Patience, patience...

Stéphane VERNAY.

Ouest-France

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