Baby-sitting









Touché de plein fouet par la crise de la téléphonie mobile, le site Philips du Mans, qui a produit jusqu'à 25 millions de portables par an, a sombré. Les 70 derniers salariés risquent à leur tour de faire leurs valises. : Archives Ouest-France. A l'ordre du jour, la restructuration et le transfert des activités de Philips Le Mans. Concrètement ? Le départ des équipes marketing et supports vers Amsterdam, le transfert des équipes fonction (suivi de l'approvisionnement, validation des produits, distribution commerciale) à Hong-Kong et le déménagement du secteur informatique à Suresnes.
« Il n'y a pas de restructuration, assure Alain Loton, directeur de Philips au Mans. Nous présentons seulement un projet de transfert d'activité sur d'autres sites. » Transfert d'emplois, donc ? « Tant que la procédure légale n'est pas lancée, il m'est difficile de faire des commentaires. Il y a bien un comité d'établissement extraordinaire ce vendredi, mais je ne confirme rien. » Pour les salariés, l'issue fait peu de doutes : le géant néerlandais quitte Le Mans pour de bon. L'issue pénible d'une longue descente aux enfers.
25 millions de portables par an
En 1996, à grand renfort d'énormes subventions publiques, Philips installe une unité d'assemblage qui produit jusqu'à 25 millions de portables par an. Au Mans, Philips concentre l'essentiel de son activité de téléphonie française. À son apogée, en 2001, l'usine compte 2 600 salariés. Peu à peu, le centre mondial de téléphonie s'essouffle. Et licencie. Fin 2005, Aevum, qui a repris 355 anciens salariés de Philips, plonge. Motif : l'ancienne maison mère délocalise la production en Chine. Fin 2007, Philips met en vente ses terrains. Environ 500 employés de NXP et Wiz4Com, qui ont racheté des activités du groupe, déménagent dans des bureaux neufs, gare sud. Aujourd'hui, ne restent donc plus que les 70 derniers des Mohicans, qui s'apprêtent à leur tour à plier bagages. Leur départ laisserait le champ libre à l'entreprise Dura, équipementier auto, à l'étroit dans son usine de l'avenue de la Libération, à deux pas du centre-ville. Et qui ne cache pas son envie de s'installer route d'Angers.
Jérôme LOURDAIS.