Baby-sitting









« Ici, le 27 juillet 1943, Auguste Delaune, commandant FTPF et secrétaire général de la FSGT et Gaston Fresnel, inter-région FTPF sont morts pour la France, assassinés par des agents au service de la Gestapo ». De ce groupe de FTP de l'Ouest qui comptait une trentaine de membres, il ne reste aujourd'hui que deux représentants, dont le Manceau Maurice Beaulaton. Comme tous les ans depuis la Libération, ce dernier, âgé aujourd'hui de 88 ans, honorera la mémoire de ses deux camarades, dimanche 27, à 10 h, sous le pont Coëffort. « Le maire du Mans et le président des anciens combattants assistent toujours à la cérémonie », raconte-t-il.
Jamais de contact entre les deux
Une heure plus tard, au même endroit, un nouvel hommage sera rendu à ces deux mêmes victimes par le... « Comité du souvenir Pont Coëffort-Chateaubriant ». Comité qui rassemble une demi-douzaine d'associations, dont le Parti communiste, la CGT, les Internés, les cheminots... Mais pas les FTP. Il n'y a jamais eu de contact entre les deux.
Jusqu'à présent et depuis la Libération, le Comité avait choisi de commémorer cet assassinat en octobre, la veille des cérémonies en l'honneur des 27 fusillés, dont Guy Môquet, de Châteaubriant (22 octobre 1941). Le Comité met l'accent sur le fait que les deux victimes étaient des militants communistes.
« C'est une tradition, explique Alain Blanchard, le président du comité du souvenir. Sur le chemin de Châteaubriant, les Parisiens s'arrêtaient au Mans et on organisait une cérémonie officielle au pont de Coëffort. Ainsi qu'une randonnée en l'honneur d'Auguste Delaune (1). Cette année, des membres du comité ont demandé que l'on fasse aussi quelque chose le 27 juillet. Mais ce sera assez léger, sans les porte-drapeaux. Alors qu'en octobre prochain, on posera une nouvelle plaque. L'actuelle a été endommagée par les travaux du tramway, elle sera même déplacée ».
Du coup, n'aurait-il pas été judicieux pour les deux organisations de s'associer dans une seule manifestation ce dimanche ? « On ne nous a jamais contactés, répond Maurice Beaulaton. Nous, on l'a toujours fait le jour anniversaire, à 10h. A la mémoire des deux membres de notre groupe ». Réponse laconique d'Alain Blanchard. « C'est compliqué ». Du coup, chacun fera sa cérémonie de son côté. En petit comité. Sans se parler. Plus de 60 ans après la fin de la guerre, il reste encore des rivalités déconcertantes.
Laurence PICOLO.
(1) Auguste Delaune était aussi secrétaire général de la Fédération sportive et gymnique du travail. C'est pourquoi de nombreux équipements sportifs portent son nom un peu partout en France. Dont le stade près de l'Université, au Mans.