Édition du mercredi 27 février 2008
Retour aux sources pour Gosselin
Endurance. Après une coupure d'une saison, Gosselin retrouve le championnat d'endurance et l'ambition, sur un prototype estampillé Zytec.
« Cette saison en Belgique ? C'était un peu la foire d'empoigne, avec un mélange d'excellents pilotes et de peintres en bâtiment », relève Claude-Yves Gosselin. Le pilote calvadosien a été obligé l'an passé à un exil et à l'anonymat (si ce n'est un coéquipier nommé David Halliday) d'une saison en Renault Megane dans la catégorie Belgian touring car series, catégorie attirant les foules belges essentiellement. La faute d'une histoire finie en eau de boudin en 2006 avec un Team Belmondo n'étant plus à même d'assurer ses traites. Claude-Yves Gosselin avait, lui, assuré ses arrières, n'est pas celui qui y a laissé le plus de plumes. Mais le retrait de l'écurie Belmondo a laissé le chef d'entreprise calvadosien sportivement sur la paille, obligé en tout cas à revoir ses ambitions à la baisse pour repartir du bon pied.
A 46 ans, Gosselin a rapidement retrouvé chaussure à son pied, celle d'un prototype 2 (catégorie dite de « petits protos » excluant les équipes d'usines) estampillé Zytec, confirmation d'un partenariat établi l'an passé avec une équipe battant pavillon suisse: le Team Trading Performance. Gosselin savoure ce retour aux sources, dans des grosses «caisses» en série internationale. « Être champion des numéros pairs de ma rue alors que les numéros impairs sont peut-être meilleurs, ça ne m'intéresse pas, glisse malicieusement Claude-Yves Gosselin. Courir un championnat de France gagné d'avance car on a la plus grosse voiture non plus. Quand on a couru sur des protos comme ça, on n'a qu'une envie, c'est d'y revenir ».
Gosselin a évolué en proto 2 entre 2004 et 2006 mais avoue pourtant avoir été surpris par un essai réalisé en octobre sur son joujou Zytec « il y a un monde d'écart avec ce que j'avais quitté ». Il se réadaptera vite et se veut ambitieux sur le championnat LMS (Le Mans series). « Les deux Zytec et les deux Porches sont les épouvantails, la nouvelle Pescarolo va arriver, mais essuiera sûrement les plâtres ». L'avantage des Zytec, comme des Porches est d'être validées. Le moteur Zytec compte deux succès en LMS : à Silverstone et au Brésil. Il est aussi fort d'une deuxième place acquise aux 24 h du Mans.
Au sein du Team Trading performance on est aussi convaincu d'avoir effectué les bons choix humains, en alliant expérience (Gosselin et Karim Ojjeh, 44 ans pour ce dernier) et jeunesse avec le Belge Julien Schroyen (21 ans). « C'est le petit nouveau mais pas le moins doué ». ll faudra juste le canaliser, Mais Gosselin connaît le jeune homme, il faisait déjà équipe avec lui l'an passé. « Là, il passe d'un vélo à une moto, mais il a un gros potentiel de rapidité et il sait écouter la mécanique ». Le troisième homme, Ojjeh, a comme Gosselin plusieurs 24 heures du Mans derrière lui, et a déjà roulé sur mécanique Zytec.
Mais pour tenter de vaincre le signe indien aux 24 heures du Mans, celles dont Gosselin (alors sur Courage) menait le bal en LMP2 en 2005 à une heure de l'arrivée avant d'être rattrapé par la poisse, l'équipe mettra son pilote le moins expérimenté au repos. Adam Sharpp, le malheureux coéquipier de Gosselin en 2005, remplacera alors Schroyen dans le baquet, lui aussi le mors aux dents.
David GUEZENNEC.
Ouest-France