Baby-sitting









Le cordonnier Pierre Raison souligne que les clients reviennent petit à petit dans une rue Gambetta embellie. Trop lentement au goût de nombreux commerçants. La faute aux travaux du tram bien sûr. Ou à la baisse du pouvoir d'achat ? Après les travaux, de nouveaux commerces. Il aurait fallu être complètement fou pour ouvrir un commerce dans une rue défoncée par les travaux du tramway. Mieux valait attendre. Six mois après la mise en service du tram, les choses commencent à bouger, signe qu'une partie des commerçants retrouve confiance dans l'avenir et dans une rue Gambetta relookée. À tout seigneur, tout honneur : la Maison du tram qui a fermé ses portes avec la mise en route du serpent orange deviendra le 5 juin une armurerie spécialisée dans les articles de chasse. Plus bas, le Blues Café, qui ne sert plus de petits noirs depuis un an, est en plein travaux. On y trouvera, en septembre, une boutique de cuirs et fourrure à l'enseigne du créateur parisien Giorgio. « La rue me plaît, explique Rudy Manceau, dont le père a exploité une boutique similaire en zone nord il y a quelques années. Avec le tramway, elle va se développer, avec davantage de piétons à passer. » Plus bas encore, c'est une petite boutique de décoration intérieure qui va ouvrir, tandis qu'en face le traiteur vietnamien Saigon au Mans envisage de déménager dans les locaux de l'ancien bar-restaurant portugais de la rue Pasteur. Si c'est le cas, les locaux de Saigon au Mans resteraient dans la famille avec l'ouverture d'une « boutique de vêtements plutôt jeunes et pas trop chers ».
Lafayette, voilà Marché Plus ! De l'autre côté de la Sarthe, ça bouge aussi. Il y a deux mois, la poissonnerie Au Palais de l'Océan a ouvert pas loin de l'historique boucherie-charcuterie Taboy. Sur les quais, une école d'esthétique a pris possession des locaux laissés libres par un cuisiniste désormais installé en zone nord. Mais c'est sur l'arrivée d'une moyenne surface alimentaire qu'une partie des commerçants de la place Lafayette parie aujourd'hui. Un Marché Plus devrait ouvrir en septembre à la place d'EuroMaster, le réparateur automobile plombé par les travaux qui le rendaient inaccessible. Le permis de construire du Marché Plus a été accepté. Là encore, le futur gérant, qui possède déjà le Marché Plus de la rue Carnot, parie sur « une rue embellie et en plein développement ». Moins sympathique : la disparition du Poisson rouge, antique boutique chasse et pêche, de la place, devenue une énième agence immobilière. Et la fermeture de la boucherie-charcuterie A la Renommée, dont la devanture est restée close.
Il reste des emplacements à prendre. Mais à quel prix ? 600 000 € pour les murs de l'ancien espace Naveau, près du pont Gambetta. 300 000 € pour les murs de l'ancien bar entièrement rénové, au 42 de la rue Gambetta, entre Sarthe et place de l'Éperon. C'est cher. Mais, au moins, c'est à vendre ! Le pire, pour une rue commerçante, ce sont ces vitrines vides depuis des lustres, dont on ne sait même plus s'il y a encore un propriétaire, comme cet ancien pressing fermé depuis 15 ans à proximité de la rédaction Ouest-France.