Dossier

Les municipales dans votre ville

Édition du mercredi 20 février 2008

Sacs poubelle : Le Mans, ville sale ?

La propreté des trottoirs laisse à désirer. A cause du dépôt sauvage d'ordures. Et du manque de conteneurs, que le maire refuse de financer.

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Comment est perçu Le Mans ? Que proposent les candidats pour améliorer son image ? Nous poursuivons notre série sur les enjeux de la campagne des municipales. Communication mais aussi culture, cadre de vie, transport, logement, sécurité, quartiers : tous ces thèmes seront abordés avec, pour chacun, les propositions des cinq prétendants au poste de maire du Mans. Aujourd'hui : la propreté des trottoirs de la ville.

Il s'en échappe détritus en vrac et relents de pourriture. Parfois mal fermés, éventrés, gorgés d'eau, ballottés par le vent, les sacs poubelles s'entassent sur le trottoir. Triste tableau, qui s'offre aux yeux et au nez des promeneurs, surtout le week-end. Le Mans, ville sale ? Pas toujours propre, c'est sûr.

20 000 foyers hors-la-loi

D'abord à cause des mauvaises habitudes d'un paquet d'indécrottables, qui ne déposent pas leurs ordures aux heures et lieux prévus pour la collecte. Et peut-être aussi à cause de la municipalité, qui n'a pas équipé l'ensemble de la ville de conteneurs pour les ordures ménagères.

Pourtant, depuis 2005, un arrêté signé Jean-Claude Boulard, président de Le Mans Métropole, impose de déposer ses ordures ménagères devant chez soi, « dans des bacs roulants normalisés pour la collecte mécanisée ». Les logements collectifs -quasiment la moitié de la ville- sont équipés : les syndics de copropriétaires, y compris Le Mans Habitat, ont sorti le porte-monnaie. En revanche, la plupart des logements individuels ne respectent pas l'arrêté : les propriétaires n'ont pas acheté de conteneur. Près de 20 000 foyers, sur les 50 000 que compte la ville, se retrouvent ainsi hors-la-loi.

40 PV en deux ans

Les fraudeurs ? Surtout les propriétaires de mancelles proches du centre-ville. Dont la municipalité attend qu'ils se conforment à la règle. Et tire gentiment l'oreille de ceux qui balancent leurs déchets n'importe où et n'importe quand. De temps en temps, les équipes du service propreté plongent dans les sacs pour retrouver l'adresse du contrevenant, grâce à des papiers, une enveloppe. A la clé, un courrier. Parfois une rencontre. Rarement la facture. Efficace ? « Pas vraiment. Il y a des gens de mauvaise foi, qui continuent. D'autres s'excusent, mais les bonnes résolutions sont vite oubliées », se désole Maurice Bouchevreau, vice-président de Le Mans métropole, chargé du traitement des ordures. « L'incitation n'est pas violente », reconnaît Patrick Deneuvy, directeur du service propreté.

Le PV à 50 €? La ville en a distribué une quarantaine en deux ans. « On aurait pu en mettre beaucoup plus, estime Maurice Bouchevreau, partisan du porte-monnaie comme méthode éducative. Il faudrait des équipes qui patrouillent sur un secteur et verbalisent régulièrement. » Un choix politique.


Jérôme LOURDAIS.


Effectifs. Le service propreté de Le Mans Métropole compte 130 agents, dont huit ambassadeurs du tri, pour un bassin de près de 200 000 personnes.

Ouest-France

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