Stade : feu vert pour « une bonne affaire »
25 000 places assises, confortables et à prix raisonnables pour la saison 2010-2011. C'est parti ! : Cardete et Huet et Studio d'architecture Bruno Huet
Sans surprises, ils ont dit « oui » à l'unanimité. Hier soir, le conseil municipal a choisi Vinci pour la construction et la concession du futur stade.
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Le match était joué d'avance. Après deux heures de débats pour la forme, décision a été prise à l'unanimité d'attribuer la construction et la concession du futur stade du Mans, pour 35 ans, à l'entreprise Vinci. Seul Marc Deligny, élu Verts, s'est abstenu, sans exposer ses raisons. Et Dominique Fanal, élu MoDem qui prévoyait de soumettre quatre questions à l'assemblée (Ouest-France d'hier) n'a finalement pas ouvert la bouche une seule fois au cours de la séance...
Après avoir dénoncé l'attitude de la ligue de football, « qui brasse des sommes énormes » et impose à la Ville du Mans la construction d'un stade « sans participer à son financement », élus Verts, Communistes et Progressistes se sont, chacun à leur tour, attribué le mérite d'être parvenus à limiter le financement de la Ville au projet. Tout en s'assurant que les futures places seront vendues à des prix modérés (8 € en premier prix, mais « assises et couvertes, contre debout et sous la pluie à Bollée aujourd'hui »).
« Si le Muc reste en Ligue 1... »
Trois groupes différents à l'origine du même succès ? Pas de quoi défriser les moustaches de François Edom, adjoint au sport et élu progressiste, qui s'est, pour la première fois au cours des deux dernières années, exprimé publiquement sur le dossier. Étonnant ? Même pas. Pendant toute la phase de négociations, c'est Jean-Claude Boulard et son adjoint aux finances de l'époque, Jacques Jusforgues, et eux seuls, qui ont tenu les ficelles.
Seul habilité à parler, le maire a tout mené dans le secret de son cabinet. Façon de procéder qui a agacé l'UMP. « Manque de transparence » dans la gestion du dossier, « dérapages inexplicables du coût de la construction » cherche à tacler le chef de file de l'opposition, Véronique Rivron. Raté. Jean-Claude Boulard évacue la question en insistant sur le fait qu'il est parvenu à bloquer la participation de la ville à 31 millions d'euros, quel que soit le coût final du projet. Dans ces conditions, que le stade coûte un peu plus de 100 millions d'euros au lieu des 41 annoncés en 2006 n'a que peu d'importance.
« Si le Muc reste en ligue 1, c'est une bonne affaire », promet le maire. Et c'est vrai. Âpre négociateur, Jean-Claude Boulard a rempli tous les objectifs qu'il s'était fixés. Les contribuables payeront moins de 50 % du coût réel de la construction (30 % seulement pour la ville du Mans). Le nom du stade, une très belle opération de communication, a été vendu aux Mutuelles du Mans Assurances pour dix millions sur dix ans. Et la subvention annuelle d'exploitation qui sera versée à Vinci (1,4 million d'euros) sera partagée et ne plombera pas les finances de la Ville.
« Qui a mangé qui ? »
En proposant de « dire la vérité aux Manceaux » sur le coût réel, Alain Pigeau, élu UMP convaincu par un projet « auquel toutes les listes candidates aux municipales étaient favorables », parvient tout de même à jeter un froid en fin de rencontre.
En additionnant les recettes du naming (10 millions d'euros sur dix ans), la location de l'équipement par le Muc (700 000 € par an plus 15 % des recettes du club), le 1,4 million de la subvention d'exploitation annuelle et quelques habiles montages financiers, maître Pigeau (il est avocat) souligne que Vinci a bien négocié son affaire. Et affirme que la municipalité financera, sur le long terme, près de 60 % du futur stade. « On se demande bien, au final, qui, de la Ville ou de Vinci, a mangé qui. »
À l'issue du conseil, ni les représentants du Muc, ni ceux de Vinci, présents dans la salle, n'ont accepté de commenter le match. Mot d'ordre d'un côté comme de l'autre : « On ne dira rien avant la signature de la convention ». Elle devrait avoir lieu avant la fin de ce mois de mai, pour un lancement des travaux après les 24 heures du Mans 2008. Livraison du stade : juillet 2010. Les fans de foot n'ont jamais été aussi prêts du but.
Stéphane VERNAY.
Ouest-France