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Nous poursuivons notre série sur les enjeux de la campagne des municipales. Communication mais aussi culture, cadre de vie, transport, logement, sécurité, quartiers : tous ces thèmes seront abordés avec, pour chacun, les propositions des six candidats à la mairie du Mans. Aujourd'hui : Quel est l'état des constructions immobilières au Mans ? Trop de logements neufs au Mans ? Depuis 1998, plus de 1 000 permis de construire ont été délivrés en moyenne par an dans la métropole. Pour le Mans, on se situe à une moyenne de 929 logements autorisés par an entre 2001 et 2007. Des permis qui ne signifient pas forcément une construction : leur validité est de deux à trois ans avant la mise en chantier.
Résultat, entre 1999 et 2005, c'est près de 804 logements qui sont sortis de terre par an, selon les premiers éléments du programme local de l'habitat (PLH). Pour des besoins estimés à environ 620 logements annuels. Traduction : c'est 185 logements de trop chaque année.
Alors que les constructions étaient en surnombre, les prévisions sont à la hausse: le PLH 2008-2013, étudié par les élus du conseil communautaire en septembre 2007, a établi pour les cinq ans à venir des objectifs de production. Les élus mettent la barre à 685 logements par an. Avec en ligne de mire un scénario de développement qui amènerait la population de la métropole à 189 040 âmes en 2013, soit une hausse de 0,1 % les deux premières années, et de 0,2 % les suivantes.
Une démographie sujette à contreverses : la publication des chiffres de l'Insee avait récement était l'occasion d'un désaccord entre municipalité et opposition.
Les conséquences du côté des prosTrop de constructions, c'est davantage de difficultés pour louer l'ancien. Exemple : le prédiagnostic du PLH chiffrait à plus de 6 000 le nombre de logements inoccupés sur la métropole pour l'année 2003. Corollaire : les prix de vente se stabilisent après des années de forte hausse. Ce qui fait le bonheur des Manceaux qui veulent accéder à la propriété, et de ceux qui cherchent un logement à louer pour se loger. Tandis que les professionnels font grise mine : le locataire devient rare et exigeant.
Du côté des agences immobilières, interrogées en novembre dernier, on pointait du doigt les dispositifs fiscaux qui incitent à investir dans la pierre.
« Une seule raison à ces constructions, les lois fiscales, accuse Olivier Lhermitte, le président du Century 21 Harmony.
Le prix du foncier a explosé dans les villes dynamiques : les promoteurs se sont retournés vers le foncier abordable ». Un son de cloche différent chez les promoteurs qui se défendent de lorgner sur un morceau de second choix.
« Il existe un besoin au Mans, en retard par rapport aux autres villes de l'Ouest », juge Mike Mathelier, directeur de l'agence Bouygues-immobilier sur le Maine et l'Anjou.
Un pari sur la ville. C'était l'analyse de Maryse Berger, adjointe à l'urbanisme, en novembre dernier, vis-à-vis des chiffres des constructions de logement.
« Le besoin de logements se fait sentir deux ans après l'observation », expliquait l'élue. Traduction : c'est de l'anticipation. Un besoin de logements neufs qui peut également s'expliquer par des appartements pas adaptés à la demande d'aujourd'hui. Explication : la tendance est à la demande en logements plus petits qu'hier. Dernière explication à prendre en compte : la hausse durable des prix de l'essence pourrait entraîner un mouvement de reflux des habitants, autrefois chassés par les prix de l'immobilier dans les zones périurbaines, vers les villes centres.
Gabriel THIERRY.
Jeudi : « Après la première ligne de tramway, on fait quoi ? »