Un centre d'appel rennais délocalise au Mans
Choc pour les 94 salariés de B2S, centre d'appel situé à Rennes. Ils ont appris hier leur délocalisation probable dans la capitale sarthoise.
11 h, hier matin, devant les locaux de B2S, un centre d'appel de Rennes. Quelques salariés grillent des cigarettes. Interrogés sur l'avenir de leur entreprise, ils sont dubitatifs. « On a appris ce matin que le PDG du groupe est venu de Paris pour participer au comité d'entreprise. Mais on ne sait pas pourquoi. » B2S est le n° 2 français de la relation client. 2 500 salariés répartis sur 9 sites, dont 94 à Rennes et 400 au Mans. Une heure plus tard, ce sont les délégués syndicaux, qui donnent des informations aux salariés. « Le PDG Maxime Didier a présenté un projet de délocalisation des salariés du site de Rennes vers celui du Mans », lâche Louis Lagathu, représentant du personnel FO. « Il a invoqué une nécessaire réduction des coûts structurels mais aussi la baisse de chiffre d'affaires de notre site. »Un coup de massue pour les 94 salariés. « On savait qu'il se passait quelque chose depuis plusieurs mois mais on ne s'attendait pas à ça », assure une opératrice présente dans l'entreprise depuis 7 ans. « Pour moi, c'est clair. Il n'est pas question d'aller travailler au Mans. Notre PDG aurait mieux fait d'annoncer la fermeture du site car nous demander de nous délocaliser, c'est encore pire. » Un sentiment largement partagé par les salariés qui, à l'annonce de ce projet, ont spontanément débrayé. « La direction nous a présenté cette délocalisation comme un projet à l'étude. Mais d'un autre côté, elle a déjà prévu, jeudi 29 novembre, une réunion exceptionnelle du CE pour l'ouverture du livre IV » précise Philippe Briouze, délégué syndical CFDT. Livre IV rimant avec première étape d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Un projet méchamment concret.« Depuis plusieurs mois, nous savons que notre principal client, 9 Télécom, a annoncé sa délocalisation au Maroc, poursuit Philippe Briouze. Nous pensons en fait que la direction a élaboré un plan de retrait des activités et programmé la mort du site, en nous privant de nouveaux clients. »Rencontré sur place, le PDG Maxime Didier s'est refusé à tout commentaire. Ormis qu'il est « indécent d'en parler actuellement. »Samuel NOHRA.
Ouest-France