Baby-sitting









En 2005, une vieille dame très riche, veuve depuis peu, doit quitter sa maison de vacances. Comme elle est « pratiquement, une amie de la famille », Claude et Simone vont lui donner un coup de main. Au cours du déménagement, surprise : une vieille boîte de gâteaux contenant 150 000 F (23 000 €) et des bons aux porteurs est découverte. La dame confie au couple le soin d'aller convertir en euros ce trésor inattendu. « Et elle nous a demandé de le garder. Elle ne voulait pas payer l'ISF (impôt sur la fortune) », soutient Claude.
Deux mois après, la vieille dame meurt. Vraisemblablement un suicide. Le président interroge le couple : « Dans les jours suivants, vous auriez pu prendre contact avec ses héritiers ? » « On avait mal au coeur d'avoir perdu quelqu'un comme ça », répond Claude, la mine contrite. Pourtant, sollicités par téléphone, ils rendent les bons aux porteurs. Mais pas un mot sur le magot.
Il faut dire qu'ils ont commencé à piocher allégrement dedans pour... « payer comptant notre clôture : 8 000 € ». Mais s'offusque le président, « cet argent ne vous appartenait pas ! » « Elle était d'accord, on lui en avait parlé avant sa mort », soutient Simone. « Mais le reste ? » insiste le président. « On a paniqué, et puis on n'a pas été bien conseillés » tente de se justifier Claude. Le président s'emporte : « Je ne vous parle pas de conseil, mais d'honnêteté. Cet argent ne vous appartenait pas. Vous deviez le rendre. Vous êtes assez grands pour savoir ce qui est bien ou pas ! »
« Le reste de l'argent, on l'a brûlé. Derrière la maison, juste après la première convocation à la gendarmerie... Il y avait une trentaine de billets de 500 € », finit par lâcher Claude. Un grand vent de scepticisme souffle sur la salle d'audience. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur dénonçant « leur cupidité ». Le couple a été condamné à 4 mois de prison avec sursis. Ils devront rembourser 21 600 € aux héritiers. « Ben, a soupiré Claude, va falloir qu'on vende la maison »...
Laurence PICOLO.