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Commerçants et clients ont dû patienter pendant 2 h 30 devant les portes closes de la galerie commerciale du centre Jacobins, en attendant de connaître la nature des coupures de courant de la mini-explosion intervenue sous le tunnel voisin. Ì Vers 14 h 08, une coupure de courant plonge la galerie commerciale dans le noir. Les caisses enregistreuses, les antivols et les grilles sont inopérants. Après avoir vérifié qu'il n'y a personne coincé dans les ascenseurs, les membres de la sécurité font évacuer les clients. Et procèdent à une « ronde expresse » pour déceler tout problème électrique. Les commerçants, eux, restent dans leur boutique. A 14 h 45, les clients sont invités à rentrer.
Ì 15 h 03, une vendeuse de C&A entend une « grosse explosion. J'ai cru à un coup de tonnerre. » Et de nouveau le noir. Cette fois, par mesure de précaution, les pompiers demandent une évacuation totale. Message enregistré, alarme : « En moins de 4 minutes, les 160 salariés présents à ce moment-là et un bon millier de clients, tout le monde a été évacué, sans panique et sans problème ». Tout le monde prend son mal en patience sur les marches de C & A. La concentration de vendeurs de la Fnac, repérables à leurs petits gilets vert et or, laisse penser à plusieurs passants qu'il s'agit d'une « grève ». D'autres croient à une « manif ». Derrière les rires nerveux, l'inquiétude perce pourtant : « C'était quoi cette explosion ? » Les plus optimistes des salariés profitent de l'aubaine pour aller se rafraîchir aux terrasses voisines. Les bureaux au-dessus de la galerie commerçante (Maif, avocats...) sont eux aussi évacués. L'accès aux parkings souterrains des Jacobins et des Filles-Dieu, est interdit. La sortie reste bien sûre autorisée.
Ì 15 h 15, le tunnel Wilbur-Wright est coupé aux deux extrémités. C'est de là que provient l'explosion. Une plaque de fonte située sur le trottoir, un peu en dessous du magasin de déco a littéralement été soulevée par une « mini-explosion ». Le sol est noirci sur 1 m2. Trois équipes de GrDF font des sondages pour détecter la fuite de gaz. C'est en effet ce à quoi on a d'abord pensé. La fermeture du tunnel perturbe forcément la circulation. Ça bouchonne sec autour de la place des Jacobins et sur les quais.
Ì 17 h, l'officier des pompiers l'assure : « On ne sait pas encore d'où vient le problème, ce dont on est sûr, c'est que ça ne vient pas du gaz ». Les gaziers laissent la place aux électriciens d'ErDF. Qui identifient la cause de tout ce grand bazar : un câble haute tension de 20 000 volts qui relie les postes de transformation électriques de l'hôtel Ibis à la mairie, en passant sous le tunnel. Il a un défaut. C'est ce qui provoque la première coupure de courant. Pour chercher l'endroit précis de la panne, ErDF rétablit le courant à 15 h 03. Et là, le défaut provoque un « arc électrique » (un gros court-circuit). D'où l'explosion dont le tunnel a amplifié l'écho.
Ì 17 h 15 L'origine de problème étant enfin connue, la circulation est rétablie sous le tunnel. Et les portes de la galerie rouvertes. D'abord aux commerçants, puis aux clients. « On se serait cru un jour de soldes, sourit le responsable technique. Les gens se sont précipités ».
Le courant lui, a été redistribué et tout fonctionne normalement en attendant la réparation du fameux câble. Au total, environ 3 000 foyers ont été touchés par les deux pannes électriques d'hier après-midi.
Laurence PICOLO.