Édition du samedi 14 juin 2008
Un vendredi chez Oreca, ce n'est pas du repos
Le vendredi, personne ne se repose dans l'écurie. Côté travail, c'est même « la pire » des journées de la semaine des 24 Heures.
Vendredi, il était 1 h 20 quand les mécanos ont quitté le stand Oreca. Les carrossiers ont poussé les prolongations encore plus loin dans la nuit. Alors, au petit déjeuner, six heures plus tard, Sylvain, Léo, Romain, Than, Joël ont le nez dans la tasse de café.
8 h, retour au stand. Pour une très longue journée. Leur Courage Oreca, celle de Panis, Fässler et Pagenaud, n'est plus qu'une coque de carbone installée sur des tréteaux. Face au public qui défile devant les stands, ils vont construire la voiture, cette fois dans sa version course, avec des éléments neufs, rôdés la semaine précédente, 120km seulement dans les roues. Après le moteur, ils monteront la boîte, les triangles de suspension, le fond plat, et pour finir, les éléments de carrosserie. La veille, Olivier Panis a tapé. Il faudra vérifier que les pièces réparées pourront se monter facilement. Peu d'espoir de finir avant 21 h.
« Pour moi, cette journée du vendredi représente l'aboutissement de six mois de travail », explique le Sarthois Christophe Morel, qui coordonne le travail des deux équipes de mécaniciens. Le puzzle se met en place. à 15 h, aujourd'hui, les dés seront jetés. Mais avant la course, une dernière épreuve attend les mécaniciens, celle de l'échauffement du matin, le warm-up. « Le jour du départ, l'équipe arrive tôt afin de démarrer sans pression. » Très tôt, cela signifie 7 h ce matin, avec au programme, la vérification de tous les serrages, de l'électronique, la mise en température des pneus et du moteur.
Ailleurs, vendredi, ce n'est pas plus calme. On croise Philippe Leloup, team manager, qui file en scooter jaune chercher Gil de Feran, pilote et patron d'une écurie américaine. Le pilote Simon Pagenaud, dont il est le patron aux USA, l'a invité aux 24Heures. à 10 h 30 arrivent les pilotes. Ils vont enchaîner réunions et briefings, avec la direction de course et avec les ingénieurs. La stratégie de course se met alors en place.
Stéphane Ortelli, encore convalescent après son accident sur le circuit de Monza, entraîne les pilotes sur la piste pour un dernier repérage du circuit et de ses pièges, leur faisant partager une expérience acquise au fil de douze participations. Après, il ne faudra pas oublier la parade en centre ville, anticiper les embouteillages...
« On imagine que le vendredi est une journée calme. Il n'en est rien. Il y a encore plein de détails à régler, alors que la circulation pour accéder au circuit devient extrêmement difficile, que nous sommes limités en « pass » pour les voitures. Au Mans, tout ce qui n'a pas été anticipé devient alors un énorme problème », rappelle le team-manager.
Finalement, « le vendredi, c'est la pire des journées de la semaine mancelle ».
Marc LE DUC.
Ouest-France