+ Vous souhaitez réagir à cette info ?Comment est perçu Le Mans ? Que proposent les candidats pour améliorer son image ? Nous poursuivons notre série sur les enjeux de la campagne des municipales. Communication mais aussi culture, cadre de vie, transport, logement, sécurité, quartiers : tous ces thèmes seront abordés avec, pour chacun, les propositions des cinq prétendants au poste de maire du Mans. Aujourd'hui : le débat autour de la police municipale. Le Mans, ville tranquille ? Difficile à affirmer. D'autant plus que les pouvoirs publics sont plus que frileux pour communiquer sur ce thème sensible en période électorale. Pourtant, d'après les informations que l'hebdomadaire
Le Point possède depuis janvier mais aurait décidé de ne publier qu'après le mois de mars, la ville préfecture de la Sarthe serait, hip-hip-hip hourra, la plus sûre de France.
D'après des sources bien informées, les chiffres du ministère de l'intérieur, bien que provisoires, abondent également dans ce sens. Entre janvier 2007 et janvier 2008, le nombre de crimes et délits aurait chuté d'un peu plus de 10 % au Mans (1) contre une baisse de 2,53 % au niveau national. Dans le même temps, le taux d'élucidation de la délinquance de voie publique aurait augmenté de 22 % au Mans contre 10 % en France. La délinquance de voie publique aurait, elle, baissé de 23 % dans la ville-préfecture sarthoise et de 16 % dans l'hexagone.
Bien sûr, les chiffres sont toujours matière à commentaires et à interprétation. Mais tout concourt quand même à placer le Mans dans le rang des villes les plus paisibles. Seul hic. On sait très bien qu'entre délinquance et sentiment d'insécurité, il peut y avoir des gouffres.
« Les villes vont croître avec la nécessité d'une protection accrue, pour prévenir et pallier des incivilités de plus en plus nombreuses et violentes, estime Claude, un Manceau, qui pense que
la vidéo surveillance et une police municipale s'imposeront à terme. Pourquoi tergiverser plus longtemps ? »Quelles missions ? Benoît Barret, conseiller technique régional d'Alliance, syndicat majoritaire des policiers du Mans, n'est pas contre
« à condition qu'elle n'empiète pas sur les missions de la police nationale. OK pour encadrer des manifestations culturelles comme la foire aux oignons, la braderie ou encore faire la police des marchés en se chargeant d'enlever les véhicules qui gênent. » Mais le syndicaliste reste inflexible : hors de question que la police municipale soit armée ou effectue même des palpations ou des
« relevés d'identité », sorte de contrôle d'identité qui ne dit pas son nom et que les policiers municipaux effectuent notamment dans une ville comme Caen.
Aux élections de 2001, Jean-Marie Geveaux, tête de liste de la droite, appelait déjà à la mise en place d'une police municipale d'une cinquantaine de salariés non-armés avec une mission
« de présence et d'îlotage. » En clair, des patrouilles pour ouvrir l'oeil et se montrer. Une mission en partie remplie aujourd'hui par les agents de proximité et les gardes urbains de la ville (lire ci-dessous). Reste que la mairie de gauche qui balaye cette idée de police municipale ne reste pas insensible aux sirènes sécuritaires, notamment en terme de vidéosurveillance. En témoignent les 148 caméras installées sur les quais du tramway et les 162 bus et 22 sites ouverts au public (Antarès, Les Atlantides, musée de Tessé) placés sous l'oeil de Moscou. Ce n'est pas tout. La municipalité en place a lancé un projet d'installation de vidéosurveillance,
« à titre expérimental », précise la mairie, dans certains halls d'immeubles des quartiers Glonnières et Sablons. Fruit
« d'une concertation importante avec les locataires et associations de locataires qui ont exprimé très majoritairement une position favorable », assure-t-on à l'hôtel de ville.
Igor BONNET.
(1) Ce chiffre comprend Le Mans, Allonnes et Coulaines.