Dossier

Les municipales dans votre ville

Édition du vendredi 29 février 2008

Vélo: malgré le tram, encore des points noirs

Rues étroites, voitures mal garées, bandes cyclables en pointillé. Faire du vélo au Mans reste périlleux.

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Comment est perçu Le Mans ? Que proposent les candidats pour améliorer son image ? Nous poursuivons notre série sur les enjeux de la campagne des municipales. Transports propres, mais aussi culture, cadre de vie, logement, sécurité, quartiers : tous ces thèmes sont abordés avec, pour chacun, les propositions des six candidats. Aujourd'hui : Comment améliorer la place du vélo en ville?


Merci le tram. La Ville a aménagé bandes et pistes cyclables tout le long de la ligne de tram. C'est le point positif du mandat Boulard, malgré des zones ambigues, comme l'avenue Leclerc ou la rue Gambetta, où enseignes commerciales, piétons, voitures et vélos se partagent un maigre espace.

Bande ou piste? La ville compte 37 km de pistes, protégées, réservées au vélo, et 73 km de bandes cyclables, moins sûres : un coup de peinture verte le long du trottoir, mais pas d'espace supplémentaire. Et toujours le danger de la portière qui s'ouvre. Autre couac : pistes et bandes qui s'arrêtent inopinément. Un exemple parmi d'autres : la rue Isaac.

Rues étroites. Le Mans souffre d'un double handicap : rues étroites et voitures sur le trottoir, rarement sanctionnées d'un PV. Les cyclistes, peu nombreux, peinent à trouver leur place, à la différences de villes comme Rennes ou Angers, aidées par la présence d'étudiants en centre-ville, ou Caen, aux larges avenues refaites après-guerre.

Jacobins. L'association Cyclamaine pointe trois gros points noirs, qui seront étudiés au prochain comité de pilotage vélo. Primo : la place des Jacobins, dont l'aménagement, avec le projet d'espace culturel et l'éventuelle nouvelle branche de tram, est repoussé aux calendes grecques. « En attendant, on va proposer un aménagement provisoire, avec des bandes et une signalétique claire », rassure Dominique Niederkorn, adjointe chargée des transports.

Bollée. Second point noir : l'angle de la rue de la Mariette et de l'avenue Bollée, où la bande cyclable s'arrête brutalement. Toucher au parking du Super U ? « On ne va pas mettre à genou la supérette du quartier. » En face ? Trottoir, école, commerces. Sans solution face à ce « goulet d'étranglement », Dominique Niederkorn préfère souligner les améliorations du bas de l'avenue Bollée, en site propre.

Demorieux. On y voit souvent des vélos sur le trottoir. Dans les deux sens, Demorieux, avec le carrefour mal foutu qui relie la gare nord au pont des tabacs, est un boulevard flingue-cycliste. Une bande cyclable ? « Difficile de taper dans la butte qui tient le palais des congrès. ». Côté rivière ? « Mettre une passerelle en encorbellement le long de la Sarthe, ça coûterait plusieurs centaines de milliers d'euros. » Solution plus simple et moins coûteuse : supprimer une voie pour les voitures. Pas dans les cartons de la Ville, qui prépare un circuit Demorieux-place de l'Éperon via l'île aux Planches, le quai Amiral-Lalande et la rue de la Galère. Plus sûr, plus agréable. Mais moins direct.

Supports. Souvent squattés par les scooters ou les motos, les supports pour cadenasser les vélos manquent, notamment à la gare.

Location. Au printemps, la Ville met en place un système de location de plus de 200 vélos. Courte durée, longue durée, libre service ? A quel prix ? D'après Cyclamaine, la meilleure formule serait une location 24 heures sur 24, avec des bornes où prendre et déposer les vélos. Question à étudier de près. Orléans, où circule aussi un tram, débourse 750 000 € par an pour 250 vélos. Au Mans, Decaux, qui finance déjà les stations de tram moyennant des panneaux publicitaires, ne mettra pas la main au porte-monnaie.

Jérôme LOURDAIS.

Ouest-France

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