Baby-sitting









« Soit c'est un grand nigaud, estime le procureur Elek. Soit il est loin d'être bête et c'est un escroc qui utilise correctement son cerveau. » À voir !
Jean, tee-shirt rose et veste blanche, John's Monnier est abonné aux mêmes délits. Et aux mêmes victimes. Sorti de prison le 10 juin, il purgeait alors une peine de 13 mois de détention pour avoir volé une voiture à un concessionnaire automobile et pour s'être fait passer auprès d'un banquier pour un ancien camarade de collège à qui il a vidé le compte. Soit 4 300 €.
Le 27 juin, une semaine après avoir quitté sa cellule, il a repris ses mauvaises habitudes (lire O.-F. de lundi et mardi). Il s'est de nouveau fait passer pour son ami dans deux agences bancaires du Mans. En expliquant qu'il avait perdu tous ses papiers, il est parvenu à convaincre un guichetier et s'est fait remettre 400 €. Le 2 juillet, il a « embrouillé » un employé de la concession Renault du Mans et est reparti avec une Mégane. « Vous lui avez quand même laissé votre numéro portable, s'étonne la présidente N'Guyen. Il vous a appelé à plusieurs reprises pour récupérer sa voiture. Vous lui avez répondu que vous étiez coincé dans des embouteillages. »
Avec la voiture et l'argent de son ami, John's Monnier a pris la direction d'une station balnéaire de la côte Atlantique « pour mener la grande vie », résume la présidente N'Guyen.
De retour en Sarthe le 19 juillet, il tente de répéter son manège à la concession Peugeot. Cette fois-ci, il se casse le nez. Le 20 juillet, les policiers l'interpellent alors qu'il effectue un rodéo au volant de la Mégane dont il a changé les plaques d'immatriculation. Garde à vue, présentation aux services du procureur et comparution immédiate devant le tribunal : l'affaire est rondement menée.
« Quand on vous a demandé pourquoi avoir de nouveau escroqué votre ami, indique la présidente, vous avez répondu que c'était pour lui montrer que vous pouviez encore le faire ? » John's Monnier acquiesce. D'ailleurs, il reconnaît tout ce qu'on lui reproche. « Votre personnalité est un peu inquiétante », note la présidente. Le procureur Elek réclame contre lui la peine plancher de deux ans de prison. Le tribunal se retire. Décision : deux ans de prison.
Igor BONNET.